Fin de vie : que pensent les Français ?

6 Déc, 2022

D’après les résultats d’une étude de l’Institut BVA rendus publics ce samedi, les Français connaissent mal la fin de vie.

Cette étude, réalisée fin septembre 2022 sur un échantillon de 1003 Français représentatifs de la population, a été établie pour le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV) à la demande du ministère de la Santé. A quelques jours du début de la convention citoyenne (cf. Fin de vie : la convention citoyenne débutera le 9 décembre), elle arrive à point nommé, mais pose question.

La fin de vie, un sujet qui concerne peu les Français

Le terme même de « fin de vie » est loin de faire l’unanimité auprès des personnes sondées. Selon les réponses, il recouvre des périodes plus ou moins longues allant des dernières années (30%) aux dernières heures de la vie (15%), en passant par les derniers mois de la vie (20%).

Même une fois le sujet circonscrit, la majorité des Français (59%) ne se sentent pas personnellement concernés. Cela est d’autant plus flagrant chez les jeunes (seuls 23% des moins de 35 ans se sentent concernés), mais aussi chez les personnes les moins diplômées (70% des ouvriers et employés ne se sentent pas concernés).

De façon assez logique, peu de personnes déclarent par conséquent avoir « anticipé les choses ». Seuls 45 % d’entre eux se dit avoir réfléchi à ses préférences ou à ses souhaits pour sa fin de vie, et 43% l’avoir évoqué avec leurs proches.

Ce manque d’intérêt des Français les conduisent à repousser le moment d’évoquer la fin de vie avec un médecin. 32 % d’entre eux préfèrent ainsi ne le faire que s’ils sont atteints d’une « maladie grave et difficile à soigner ». 22% vont même jusqu’à éviter cette discussion qu’ils ne souhaitent pas avoir avec un médecin.

Des dispositions législatives méconnues

D’après les résultats de l’enquête, même si 73% des personnes savent que la fin de vie est encadrée par la loi, seuls 51% se considèrent bien informés des « modalités de la fin de vie en France ».

Lorsque les questions portent plus précisément sur leur connaissance des dispositions législatives existantes, des confusions apparaissent vite. Ainsi, même si 65% des personnes connaissent la notion de personne de confiance, 22% d’entre eux ne la définissent pas correctement. Les directives anticipées ne sont, quant à elles, connues que de 43% des Français. Parmi eux, 81% n’en ont pas rédigées, et 37% ne comptent pas le faire.

Le niveau de connaissance est à améliorer. En moyenne, le taux de « bonnes réponses » aux questions posées sur la loi n’est que de 3,8/8. Seuls 16% des personnes ont réussi à obtenir entre 6 et 8 bonnes réponses.

Consensus sur une fin de vie apaisée et rassurante

Au-delà de ces éléments, l’enquête s’est également intéressée aux préférences des Français pour leur fin de vie. L’accompagnement semble ici la priorité.

Dans le cadre d’un « décès prévisible à court ou moyen terme », les Français ont ainsi rappelé qu’ils souhaitent avant tout voir leur souffrance physique soulagée (88%), et les besoins de leurs proches pris en compte (85%).

Pour ce qui est, par ailleurs, du cadre souhaité pour leur fin de vie, les Français privilégient « un univers qui leur est familier, rassurant, connu ». Leur domicile est ainsi le lieu qu’ils préfèrent de loin pour finir leurs jours (60%). En outre, le fait d’être entouré par les personnes qui comptent pour eux est l’élément le plus important pour 76% des personnes.

Cette enquête nuance les résultats des précédents sondages, parfois militants (cf. Fin de vie : connaître la réalité avant de se prononcer), et aide à sortir d’un débat binaire. Bien du travail reste à faire pour que tous les Français soient en mesure de comprendre les enjeux du débat qui s’annonce. Loin des solutions toutes faites et des choix imposés (cf. Euthanasie : « ne pas se laisser enfermer dans le piège du choix truqué entre mourir ou souffrir »), les politiques sauront-ils prendre le temps de bien poser les choses et d’entendre chacun avant de trancher ces questions si complexes ?

DERNIERES ACTUALITES
Fin de vie : « voyage d’observation » en Suisse

Fin de vie : « voyage d’observation » en Suisse

Vendredi, les deux ministres en charge du débat sur la fin de vie, Agnès Firmin Le Bodo et Olivier Véran, se sont rendus à Genève pour un « voyage d’observation ». Un groupe de députés et de sénateurs était également avec eux. Un acte non punissable et non un droit «...

Partager cet article

Toute l’actualité bioéthique
chez vous, gratuitement

Cochez vos choix :

En validant ce formulaire, j’accepte de recevoir les informations du site Gènéthique par email et accepte la politique de confidentialité