Fin de vie : la Mission parlementaire s’apprête à rendre ses conclusions

Publié le : 18 novembre 2014

15 jours avant la remise attendue des conclusions de la mission parlementaire sur la fin de vie, menée par Jean Leonetti et Alain Claeys, au gouvernement, La Croix fait le point sur les pistes de réflexion et les questions en suspens.

 

Alors que les sondages « fleurissent » au fur et à mesure que la deadline s’approche, l’article interroge pour savoir si la fin de vie pourra à nouveau faire l’unanimité et bénéficier d’un débat apaisé ? Si la loi Leonetti de 2005 sera même retouchée ?

 

Selon Jean Leonetti, il reste trois points à éclaircir :

 

  • Les soins palliatifs. La mission parlementaire se prononcera vraisemblablement en faveur d’une « diffusion de la culture palliative » (Cf. l’interview croisée entre J.-F. Poisson (UMP/PCD) et D. Potier (PS).

 

  • Les directives anticipées. La question se pose de savoir si elles doivent devenir « opposables », c’est-à-dire s’imposer au médecin. Jean Leonetti s’était déjà exprimée en faveur de cette option en 2008 dans son rapport d’évaluation. L’opposabilité des directives anticipées fait débat. Axel Kahn, lors d’une audition récente par la mission parlementaire (Cf. synthèse Gènéthique du 30 octobre 2014), soulignait que « nous avons deux libertés fondamentales : celle de choisir et celle de changer d’avis » (Cf. Décryptage Gènéthique « Les directives anticipées, des éléments pour comprendre »).

 

  • La sédation terminale. La question se pose d’en faire un « droit ». Pour certains, la sédation terminale est le droit du patient de ne pas souffrir, pour d’autres, cette possibilité ouvre la brèche vers l’euthanasie (Cf. Décryptage Gènéthique « La sédation terminale, des éléments pour comprendre »).

 

Le suicide assisté, qui n’était pas dans le périmètre de la mission, a quand même été débattu. Les partisans du suicide assisté ont présenté la loi votée en 1997, dans l’Etat de l’Oregon (Etats-Unis), comme un modèle. « Dans cet État américain, l’assistance au suicide est ouverte aux majeurs résidant dans l’État, atteints d’une maladie incurable et dont le pronostic vital ne dépasse pas six mois, à qui l’on fait une prescription létale qu’ils pourront utiliser, ou non, à leur gré. Ce délai fait tiquer les médecins, qui assurent qu’un diagnostic à aussi long terme est forcément incertain. » Pour le sénateur Gaëtan Gorce, partisan du suicide assisté, « la gestion de la mort doit faire partie des missions des médecins ».

 

Sur l’euthanasie, Dominique Quinio estime que « les défenseurs d’un droit à l’euthanasie seront déçus des conclusions de la mission ». Comme semblent l’attester les déclarations de l’ADMD au sortir de l’audience de Mr Romero (Cf. Synthèse Gènéthique du 18 novembre 2014).

<p>La Croix (Flore Thomasset, Dominique Quinio) 17 et 18/11/2014 </p>

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