Fin de vie : état des lieux avant toute possible légalisation de l’euthanasie

Publié le : 21 juin 2012

Après un bilan « mitigé » sur la dépénalisation de l’euthanasie en Belgique (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 04/06/12), de nombreux articles de presse se font l’écho, en France, de la proposition de loi, déposée par un Sénateur socialiste, Roland Courteau, et relative à l’assistance médicale pour mourir et à l’accès aux soins palliatifs.   

Au terme du congrès annuel de la Fédération mondiale des associations pour le droit de mourir qui se déroulait à Zurich (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 11/06/12), « les participants […] ont appelé à ‘briser le tabou de la mort’ « . Alors que le suicide assisté vient d’être légalisé en Suisse (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 19/06/12), « certains estiment [cependant] que cet acte doit rester une exception« . Ainsi, le procureur général de Zurich affirme qu’ «  il faut d’abord étudier toutes les alternatives« .

Le 19 juin 2012, l’Académie catholique de France a rendu public une déclaration dans laquelle elle se prononce sur la fin de vie. Au préalable, celle-ci a souhaité définir l’expression « Mourir dans la dignité » en expliquant : « Non, mourir dans la dignité, ce n’est pas être supprimé par une piqûre létale« . L’académie rappelle que, comme « plusieurs enquêtes récentes l’ont montré, […] la fin de vie est encore, dans notre pays, trop souvent maltraitée« . Elle ajoute que « la mise en place des soins palliatifs et l’exercice d’accompagnement exigent des efforts constants« .     
En outre, celle-ci précise que « le droit n’a pas, par nature, la réponse à toutes les questions que pose ‘la fin de vie’ et que le législateur est souvent confronté à de grandes difficultés pour traduire en termes juridiques les enjeux anthropologiques » que cela implique. Rappelant qu’il existe le « principe d’autonomie de la volonté […] face à un patient conscient« , elle ajoute que le droit devrait « concilier le droit des patients avec les obligations du médecin« . En revanche, en présence d’un « patient inconscient, le droit ne peut que reconnaître la faiblesse des instruments juridiques habituels« .    
L’académie considère ainsi que « l’autorisation par la loi civile de la pratique de l’euthanasie lèverait un interdit social et moral fondamental, pilier de toute société avancée : ‘tu ne tueras pas’, et pourrait engendrer de nombreuses dérives« .    

Si Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) « s’est félicité, de son côté, de voir apparaître des initiatives parlementaires visant à mettre en œuvre la proposition du chef de l’Etat« , Tugdual Derville, Délégué Général d’Alliance Vita, explique que cette proposition de loi est « vraisemblablement [une] démarche solitaire du sénateur, proposition parmi de nombreuses autres qui sont déposées régulièrement par les parlementaires depuis plusieurs dizaines d’années« . Ainsi en janvier 2011, un texte avait été présenté, mais « après de vif débats, [il] avait finalement été rejeté « .
 

<p>Le Quotidien du médecin (Stéphanie Hasendahl) 21/06/12 – ouest-france.fr (20/06/12) – Famille Chrétienne (Emmanuel Pellat) 21/06/12</p>

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