Fin de vie : Danielle Moyse souligne les dangers de l’anticipation

Publié le : 14 septembre 2016

Partant de la récente autorisation d’une « sédation profonde et continue » introduite par la Loi Claeys-Leonetti en janvier, Danielle Moyse[1], s’interroge sur les directives anticipées, qui permettent désormais de s’opposer à certaines décisions médicales (Cf. Fin de vie : les « nouveaux droits des patients » précisés par décrets).

 

Pour elle, personne ne peut manifester par anticipation un choix qui, au moment crucial, peut se révéler totalement différent : « Il y a peut-être quelque illusion à prétendre connaître nos souhaits à venir face à ce qui, relève de l’inimaginable ».

 

Elle dénonce ainsi le caractère irréversible d’une réaction présumée : « Combien n’ont-ils pas juré qu’ils se suicideraient dans l’hypothèse de telle ou telle maladie grave et qui, comme la plupart en pareille conjoncture, se sont finalement battus quand l’occasion s’est présentée ».

 

Enfin, Danielle Moyse appelle à la prudence face au « piège » du « serment à soi » : selon elle, il tend à museler la personne en fin de vie, « pour affirmer le pouvoir sur sa propre vie contre tout ce qui tend à [lui] confisquer» (Cf. Faut-il « mourir sans rencontrer la mort »?).

 

[1] Danielle Moyse est chercheuse associée à l’Iris, au CNRS, à l’Inserm et à l’EHESS et expert Gènéthique.

<p>La Croix, Danielle Moyse, 13/09/2016</p>

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