Faire appel à la médiation pour Vincent Lambert ?

Publié le 13 Sep, 2015

Sept signataires[1] publient dans Libération une tribune plaidant en faveur d’une « médiation pour Vincent Lambert », qui pourrait être proposée par son tuteur, un tuteur demandé par le Docteur Simon (cf. Gènéthique du 28 aout 2015).

 

La médiation familiale, née aux Etats Unis dans les années 70 et reconnue par le droit français depuis 1995, « facilite la résolution des conflits dans des domaines variés ». Elle peut « intervenir en dehors de toute procédure judiciaire, avant ou pendant celle-ci ». Il n’est pas question « de rechercher à tout prix le consensus », mais plutôt « de faire de la crise le point de départ permettant de percer les non-dits et de dissiper les quiproquos », et ainsi « de rechercher des options pouvant, dans l’idéal, aboutir à des décisions, partielles ou globales, prenant en compte les besoins de chacun et répondant à l’intérêt commun ».

 

Concrètement, une fois le représentant légal de Vincent Lambert désigné (cf. Gènéthique du 27 juillet 2015), « la famille et les proches de Vincent Lambert participeraient aux séances animées par les médiateurs, séances qui pourraient s’ouvrir à la présence de l’équipe médicale le suivant actuellement ou à toute autre personne utile à la résolution du conflit ». Les auteurs précisent : « Compte tenu de la singularité, voire du caractère exceptionnel du cas de Vincent Lambert, elle pourrait faire intervenir plusieurs médiateurs travaillant de concert».

Ils sont cependant prudents : « Même si la médiation suit une méthodologie qui a fait ses preuves, son issue n’est jamais certaine, et les solutions ne sont pas faciles à élaborer».

 

[1] Pierrette Aufiere avocate honoraire et médiatrice à Toulouse, Annie Babu infirmière, assistante sociale et pionnière de la médiation familiale en France, Alain Girot magistrat à Amiens, Rabia Hamidi titulaire d’une thèse en médiation familiale dans le domaine de la santé publique, Thierry Marmet médecin, professeur associé de médecine palliative à l’université de Toulouse-III-Paul-Sabatier, Marie-Josée Mathieu médecin gériatre, responsable de l’Espace éthique méditerranéen, Jean-François Mattei membre de l’Institut et de l’Académie nationale de médecine et Corine Pelluchon philosophe, professeure à l’université de Franche-Comté.

 

Libération (13/09/2015)

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