En 2002, la Belgique adoptait un cadre légal pour « développer les ‘soins palliatifs pour tous’, tout en dépénalisant l’euthanasie sous certains conditions strictes » (cf. La Belgique légalise l’euthanasie).
Aujourd’hui, l’euthanasie est enseignée aux médecins comme un « acte complémentaire aux soins palliatifs dans les cas de fin de vie les plus difficiles », et parfois même comme « l’ultime acte médical ». D’années en années, l’euthanasie s’est banalisée. C’est ce que montrent les « statistiques officielles » qui révèlent « une progression exponentielle du nombre d’actes ».
En 2011, le cap des 1000 euthanasies annuelles a été franchi. En 2015, ce sont 2020 euthanasies qui ont été officiellement déclarées, « soit plus de 5 cas par jour ». Pour le professeur Etienne Montero, « le geste de mort provoqué par un médecin n’est plus perçu comme une exception dans le cadre de la loi pénale, mais comme un choix personnel, équivalent à une mort naturelle ».
Dans les unités de soins palliatifs, certains dénoncent « une négation de ‘la véritable philosophie palliative’ ». De nouvelles questions éthiques émergent : « Comment respecter la clause de conscience du corps médical ? Peut-on accepter que certains établissements décident de ne pas pratiquer d’euthanasie ? » Des questions sur lesquelles les membres du comité belge consultatif de bioéthique n’ont pas pu s’entendre.
D’autres débats, souvent très médiatisés, opposent l’opinion publique et les soignants, celle notamment de « l’euthanasie pour cause de souffrance psychique ». Ils ont conduit une soixantaine de médecins à réclamer une révision de la loi pour interdire son application de la loi dans ces circonstances.
Et en France, comme en Belgique, « s’agissant du débat parlementaire », « les points de vue divergent ».
La Croix (Raphaëlle d’Yvoire) 27/01/2016