En Angleterre, malgré une population vieillissante, les soins palliatifs ne sont pas prioritaires

Publié le : 18 juillet 2018

Le King’s College de Londres vient de publier une étude montrant que les autorités locales en Angleterre ne donnent pas la priorité aux soins palliatifs, et ce, malgré les problèmes de santé posés par une population vieillissante.

 

L’enquête, publiée dans la revue Palliative Medicine, repose sur une analyse des stratégies de santé et de bien-être de 150 autorités locales en Angleterre.  Seulement 4 pour cent d’entre elles avaient comme priorité les soins de fin de vie.

 

L’objectif des soins palliatifs est d’offrir la meilleure qualité de vie possible aux patients et à leur famille. Ils prennent en charge l’accompagnement des patients lorsque la maladie ne répond plus à un traitement curatif. Ils comportent le traitement de la douleur, des symptômes de la maladie en cours, ainsi qu’un suivi psychologique, social et spirituel. Et de nombreux aspects des soins palliatifs peuvent s’appliquer plus tôt au cours de la maladie.

 

À mesure que la population vieillit, le besoin de stratégies de soins palliatifs efficaces et adaptées grandit. Une enquête a déjà évalué une augmentation de la demande de soins palliatifs à hauteur de 42%[1] d »ici 2040.

 

Pourtant, les chercheurs ont constaté que sur les 150 stratégies identifiées, les soins de fin de vie étaient mentionnés dans 78 d’entre elles soit un peu plus de la moitié (52%) et classés prioritaires dans seulement six cas (4%). Dans 43 des 78 stratégies, les soins de fin de vie ont été mentionnés en relation avec des conditions médicales spécifiques, le vieillissement et la démence étant les plus cités.

 

Ils ont également rendu compte de la difficulté à trouver des données probantes, particulièrement en ce qui concerne l’efficacité des interventions. Avec des budgets pour les services de soins palliatifs spécialisés allant de 51, 83 à 2 329 euros par patient et par an en Angleterre, être en mesure de fournir des arguments solides sur l’efficacité des traitements pourrait avoir une incidence à la fois sur l’offre et sur les budgets.

 

Le Docteur Katherine Sleeman, du King’s College London’s Cicely Saunders Institute for Palliative Care, Policy & Rehabilitation, se réjouit de ce travail et explique : « C’est la première étude à analyser systématiquement le contenu relatif aux soins de fin de vie dans les stratégies locales de soins de santé  (…) Nous avons constaté que la moitié des stratégies de santé et de bien-être mentionnent les soins de fin de vie, mais rares sont celles qui donnent la priorité aux interventions efficaces ».

 

Elle conclut en soulignant « les grandes variations dans la priorisation des soins palliatifs et de fin de vie en Angleterre, et la nécessité d’un examen plus approfondi des stratégies locales de santé et de soins pour éviter la création involontaire d’une loterie de codes postaux de soins palliatifs ».

 

[1] S. N. Etkind et al. How many people will need palliative care in 2040? Past trends, future projections and implications for services, BMC Medicine (2017). DOI: 10.1186/s12916-017-0860-2

<p>Medical Press (17/07/2018)</p>

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