En 2019, on compte une IVG pour 3 naissances en France

Publié le : 24 septembre 2020

En 2019, le recours à l’avortement atteint « son niveau le plus élevé depuis 1990 ».

Avec 232 200 avortements en 2019, la France atteint un niveau jamais égalé depuis les années 1990. Suppression du délai de réflexion, remboursement à 100% de l’acte et des examens qui lui sont liés – mieux remboursé que les actes autour de la grossesse -, extension de l’autorisation de pratiquer des avortements dans les centres de santé, extension des motifs au délit d’entrave, encadrement des allocations familiales… Autant de mesures qui visent au toujours plus d’avortements, sans que des mesures équivalentes soient envisagées pour accompagner les femmes. Aucune politique de prévention de l’IVG n’a jamais été soutenue ou simplement mise en place. Dans ce contexte, faut-il s’étonner de ces résultats ? L’avortement n’est plus seulement dépénalisé, il est banalisé, promu.

Des chiffres en hausse constante

La DREES[1] qui publie aujourd’hui ces chiffres, explique que « le taux global de recours à l’IVG suit une tendance à la hausse depuis 1995 ». En France métropolitaine, la hausse est de 0,6 points, soit 15,6 IVG pour 1000 femmes âgées de 15 à 49 ans.

L’Agence explique le ratio d’avortement[2], stable jusqu’en 2016 est désormais en augmentation continue. En 2019, on compte une IVG pour 3 naissances. Et si le nombre de naissances diminue depuis 2014, le nombre d’IVG augmente depuis 2017. Pour mémoire, le projet de loi de modernisation du système de santé adopté le 26 janvier 2016, impose aux Agences régionales de santé (ARS) d’inclure des « quotas d’IVG dans les contrats d’objectifs et de moyens » fixés avec les établissements de santé auxquels elles sont liées (cf. Loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 facilitant l’accès l’IVG).

Des variations et des tendances

Dans un autre domaine, l’étude montre que la probabilité d’une IVG est la plus importante « 5 à 7 mois après le premier événement obstétrical », que ce soit un accouchement ou une IVG. Et, « parmi les femmes ayant eu une deuxième IVG après une première en 2015, une sur cinq a eu une troisième IVG avant 2019 ».

Si les 20-29 ans sont les plus nombreuses à recourir à l’IVG (15,6 IVG pour 1000 femmes), les taux de recours des femmes trentenaires est en augmentation depuis 2010. Sur la même période, la baisse n’est effective que chez les 15-19 ans.

Certaines tendances se confirment. La part de l’IVG médicamenteuse est de plus en plus importante. Elle représente 70% des avortements en 2019, « contre 30% en 2001 ». Cependant, à l’hôpital (30% des IVG), dans les établissements de santé privés (de 24% des IVG en 2001 à 4% en 2019), la part des IVG instrumentales ne cesse de décroitre.

Délai légal

La moitié des IVG sont pratiquées à moins de 8 semaines d’aménorrhée et un avortement sur 20 est réalisé entre 12 et 14 semaines d’aménorrhée, soit à la limite légale.

L’étude fait aussi le lien entre le niveau de vie et l’avortement. Elle conclut que « 10 % des femmes ayant les niveaux de vie les plus élevés ont un taux de recours à l’IVG pour 1 000 femmes inférieur de 11 points pour 1 000 à celui des 10 % des femmes ayant les niveaux de vie les plus faibles ». Des écarts qui sont aussi liés au statut matrimonial des femmes : celles qui sont en couple « ont une probabilité de connaître une IVG inférieure de 37 % » aux autres.

[1] Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques.

[2] Le ratio d’avortement « rapporte une année donnée le nombre d’IVG au nombre total de naissances vivantes ».

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