Embryon et DPI selon Jaques Testart

Publié le : 20 mars 2009

Auditionné dans le cadre de la mission d’information sur la révision de la loi de bioéthique, Jacques Testart, biologiste et directeur de recherche honoraire à l’INSERM, s’est prononcé contre la recherche sur l’embryon et a souligné les dérives du diagnostic préimplantatoire (DPI).

Il affirme que s’acharner à mener des recherches sur l’embryon est inutile puisqu’elles n’ont donné « aucun résultat en 20 ans » – en Angleterre notamment où elles ont été largement favorisées – et que tout n’a pas encore été tenté au stade animal. De plus, s’il s’agit de recherches fondamentales, « pourquoi multiplier les lignées cellulaires embryonnaires humaines« , d’autant que nos moyens techniques sont bien inférieurs à ceux dont disposent les Anglais ?

Jacques Testart a aussi reproché à la loi actuelle de manquer de clarté sur le diagnostic prénatal (DPN) : il faut distinguer DPN et DPI qui sont deux pratiques différentes. On est en train de rentrer dans « un cycle eugénique » de pratique du DPI car « on est passé de la recherche d’un défaut à la recherche de l’éventualité d’un défaut« . « Ces dérives sont unidirectionnelles et irréversibles« , a-t-il alerté.

Par ailleurs, le biologiste s’est opposé à la stigmatisation d’une liste de pathologies à détecter. Cependant, il estime que l’évaluation de la gravité des pathologies à détecter ne peut être léguée à l’appréciation subjective des praticiens uniquement, risque encouru du fait du caractère très général de la loi.

Il est légitime que « tous les couples [aient] envie d’avoir un enfant normal, mais la société a peut-être besoin, aussi, de la diversité« , a-t-il conclu.

<p>Gènéthique</p>

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres