Eclairage sur les origines du concept de genre

Publié le : 29 septembre 2011

Les 17 et 18 septembre 2011 s’est déroulé,  à la faculté de droit de Toulon, un colloque sur le gender organisé par l’Observatoire Sociopolitique du diocèse de Fréjus Toulon, les Associations familiales catholiques du Var et la Direction diocésaine de l’Enseignement catholique du Var. Intervenant dans le cadre de ce colloque, Marguerite A. Peeters, directrice de Dialogue Dynamics et auteur de l’ouvrage La mondialisation de la révolution culturelle occidentale, est revenue sur l’origine du concept de genre et a vivement dénoncé la transformation "molle" de la société à l’oeuvre depuis quelques décennies.

Interrogée sur la surprise de certains devant l’intrusion de la théorie du genre dans des manuels de sciences et vie de la terre au lycée (Cf. Synthèses de presse du 23/05/11, d’août 2011, du 05/09/11), Marguerite A. Peeters souligne que celle-ci trouve sa source à partir des années 1950 dans les réflexions de théoriciens sociaux franco-américains. Ces derniers ont considéré que les identités masculine et féminine, la complémentarité homme-femme, la paternité, la maternité, l’hétérosexualité, le mariage et la famille traditionnelle "n’existeraient pas ‘en soi’, ne seraient pas ‘bons’ en eux-mêmes, mais seraient des ‘constructions sociales’". Considérées comme "des phénomènes sociologiques", ces identités seraient "à déconstruire par l’éducation et la culture car jugées ‘discriminatoires’ et ‘contraires à l’égalité’ ".

Loin d’être un phénomène sans histoire, le gender marque l’aboutissement "d’un long processus de sécularisation ayant progressivement mené à lamort culturelle’ du père, de la mère, de l’époux et ayant substitué la personne, faite par amour et pour l’amour, par le citoyen-individu laïque et ‘autonome’ ".
Les avancées, "souvent silencieuses", de ce processus de sécularisation ont été favorisées par des techniques de transformation sociale "molles" telles que "la manipulation sémantique, la construction de consensus, des arguments scientistes (psychologiques et sociologiques), la réforme de l’éducation". Ce processus, qui s’est terriblement accéléré depuis une cinquantaine d’années, s’inscrit toutefois dans le champ plus large d’une "révolution" qui s’est opérée dans la culture occidentale ces derniers siècles.

Dès le XVIIIe siècle, en effet, s’est effectué un divorce "entre individu et personne, citoyen et père, laïque et croyant, droits et amour, raison et foi, état et église". Lors de la révolution française, le "citoyen-individu" a été valorisé, au nom de l’égalité et de la liberté, et mis en opposition dialectique "avec le père, la mère, l’époux, le fils, la fille – autrement dit avec la personne", les relations familiales fondamentales étant mises à distance. Cette vision laïque de  l’égalité citoyenne, totalement indifférenciée, "neutre" et asexuée a conduit à balayer "la personne, le don désintéressé de soi, l’amour de la culture et du contrat". Ainsi, au cours des siècles derniers, "les droits égaux de l’individu et sa liberté de choisir ont pris socialement, juridiquement, politiquement le pas sur la paternité, la famille et l’amour". Cela a rendu possible de reconstruire l’humain sur des fondements nouveaux, purement laïques, sur lesquels se base la théorie du genre aujourd’hui. Projet idéologique apparu pour la première fois dans les années 1950, le gender a toutefois commencé à se développer autour de mai 1968 dans les milieux universitaires français et américain. Profitant de la "révolution féministe et sexuelle" alors en cours, le genre a peu à peu entraîné une transformation sociale, fruit du "partenariat opérationnel entre l’intelligentsia postmoderne occidentale et les organisations internationales depuis les années 60". C’est ainsi que le gender fut consacré comme "norme politique mondiale" lors de la conférence de l’ONU sur les femmes de 1995 à Pékin.  Les cultures qui sont étrangères à la laïcité occidentale ne choisiraient pas d’elles-mêmes ces propositions de la théorie du gender, souligne Marguerite Peeters. Si une voix leur était donnée, ces cultures aiderait l’Occident à retrouver son âme en réconciliant le citoyen et le père, les droits et l’amour gratuit, en retrouvant la famille comme cellule de base de la société.

Le gender et les théories qui y sont liées (comme par exemple le "queer" qui va jusqu’à déclarer que "le corps sexué est une construction sociale"), met la raison en difficulté. Elles sont liées au découplage entre raison et foi qui a mené à deux distorsions : l’irrationnel postmoderne qui a déclaré la "fin de la philosophie" et le rationalisme moderne, socle des idéologies.

Les arguments rationnels ne sont visiblement pas entendus par les théoriciens du gender qui ont fait le choix de s’engager personnellement et culturellement dans "un processus de négation de ce qui est réel, vrai et bon pour l’homme". Afin de retrouver le "sens de la raison", il est indispensable "de remettre en lumière le rôle de la conscience et du coeur dans le processus de l’acte humain", observe Marguerite Peeters. L’urgence est aujourd’hui de réintroduire, notamment dans l’éducation, "la notion de conscience, de recherche sincère de ce qui est bien, de la vérité et de l’amour".

Zenit (propos recueillis par Anita S. Bourdin) 27/09/11

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