Echographie en 3D : Connaître son enfant avant sa naissance ?

Publié le : 29 mars 2016

L’échographie en 3D est encore peu répandue en Europe, les autorités sanitaires françaises craignant par exemple les effets des ultrasons sur les fœtus. Il n’y a cependant pas d’interdiction formelle. En Suisse romande, elle existe depuis plus une dizaine d’années, mais reste encore confidentielle. Myriam Blanchard, qui a ouvert son cabinet il y a 8 ans, « propose plusieurs formules de la simple échographie 3D d’une vingtaine de minutes au forfait complet, duquel ses clientes, comme elle les appelle, ressortent avec plus de 100 photos et une vidéo du fœtus montée avec de la jolie musique ». « En Grande Bretagne, les femmes enceintes peuvent (…) faire imprimer en 3D le visage de leur futur bébé, relevait récemment le Guardian. Quant au site 3D-babies.com, il vous envoie carrément la mini-statuette de votre foetus, faite sur la base des échographies».

 

La grossesse est une source de stress : « Soumises aux caprices des hormones et déstabilisées par leur corps qui change, les futures mamans doivent en outre se plier à des examens médicaux réguliers tous plus crispants les uns que les autres ». En participant à une large étude sur les risques et le suivi de la grossesse en Suisse, Solène Gouilhers  Hertig, du Département de sociologie de l’Université de Genève, observe que cette technologie « est à double tranchant. D’un côté, certaines femmes ont la possibilité de se réapproprier leur grossesse notamment grâce aux échographies 3D,  qui leur permettent de se détacher du milieu médical et de vivre un moment davantage familial. Mais d’un autre côté, ces images de fœtus lui donnent une identité sociale. Sa vie secrète n’en est plus une, le corps des femmes devient perméable. Cela peut conduire à considérer le fœtus comme une personne même avant sa naissance et les échographistes lui attribuent parfois même une personnalité – il est farceur s’il sourit, par exemple ».     

 

Et force est de constater, « le début de la vie recule. La preuve, les enfants existent aujourd’hui sur Facebook avant même d’avoir vu le jour ! »

<p>Le temps (Marie Maurisse) 25/03/2016</p>

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