« Devons-nous continuer à procéder à des greffes de visage ? »

Publié le : 6 septembre 2016

« Devons-nous continuer à procéder à des greffes de visage ? » C’est la question que pose une nouvelle étude publiée dans The Lancet, qui s’attache à analyser sur le long terme l’évolution de sept patients ayant bénéficié d’une telle transplantation. Cette étude, comme le souligne les auteurs, ne peut pas répondre pas à toutes les questions de sécurité et d’efficacité de la procédure, mais fait un certain nombre de constats.

 

Depuis 2005, on dénombre moins de 40 greffes de visage dans le monde. Parmi les sept patients suivis de 2000 à 2009 par l’équipe de l’hôpital Georges Pompidou à Paris, quatre d’entre eux s’étaient blessés en s’infligeant un coup de révolver, un autre était brulé et les deux derniers étaient atteints d’une tumeur faciale.

 

Après plusieurs années de suivi, deux patients sont décédés, des complications infctueuses sont intervenues pour un autre patient, un quatrième s’est suicidé après trois années de traitement. Les autres continuent à prendre des immunosuppresseurs à hautes doses pour éviter le rejet. Ces trois patients ont, de ce fait, vu leur tension artérielle augmenter et leur fonction rénale a été notoirement affectée.

 

Parmi ces patients, tous n’ont pas vécu une amélioration identique de la qualité de leur vie sociale. Les auteurs remarquent que ces améliorations dépendent de la qualité de vie qu’ils avaient avant la greffe et de l’existence ou non d’antécédents psychiatriques. Ils constatent de même que la bonne santé psychologique est un important indicateur de succès.

 

Pour l’heure, les auteurs concluent que les données disponibles sur le long terme ne permettent pas de répondre à la question de savoir s’il faut poursuivre ou non ces greffes pour des patients « qui, comme le souligne le professeur Laurent Lanteri qui a dirigé l’étude pour l’hôpital Georges Pompidou, n’ont pas d’autre option thérapeuthique et qui doivent faire face à des risques incroyables juste pour améliorer la base de leur qualité de vie »

<p>Reuters (Kathryn Doyle) 2016/09/05</p>

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