De plus en plus de recours à la RU 486

Publié le 19 Oct, 2008

Dans Décryptage, Pierre-Olivier Arduin constate que la pratique de l’avortement rencontre de plus en plus d’opposition et dénonce l’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse par la RU-486.

Rappelons que, selon l’Institut de politique familiale, on enregistre dans l’Europe des vingt-sept, un avortement toutes les 25 secondes, soit 1 enfant à naître sur 5. Pourtant, en France, le planning familial dénonce "un mouvement de recul". Même constat de la part de la Fédération internationale des plannings familiaux qui parle d’"un droit intrinsèque des femmes de plus en plus bafoué".

Il est vrai que l’on enregistre un virage dans les mentalités lié à 3 facteurs : la souffrance post-IVG, l’accès au progrès technologique et la montée de l’objection de conscience.

De plus en plus de publications internationales parlent effectivement de la souffrance post avortement. Par ailleurs, une imagerie de plus en plus performante dissuade les femmes d’avoir recours à une IVG. Enfin, il existe un mouvement d’objection de conscience de la part des soignants qui a pris de court tout le monde. En Italie, les chiffres de l’avortement sont passés de 230 000 en 1978 à 127 000 aujourd’hui. "7 gynécologues sur 10 et 1 anesthésiste sur 2 sont objecteurs. Soit une augmentation de 25% de praticiens en 5 ans. Des provinces entières ne pratiquent quasiment plus l’IVG, telles la Sicile, les Marches, la Calabre et une grande partie du Latium. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter, 80% des internes en obstétrique sont des femmes qui se déclarent toutes opposées à l’avortement".

Cette tendance n’est pas cantonnée à l’Italie. Même constatation au Portugal, en Slovaquie et même en France où l’on constate une désaffection des jeunes médecins pour cet acte.

Le 16 avril dernier, le Conseil de l’Europe réclamait dans ses conclusions que "l’exercice effectif du droit des femmes à l’avortement [soit garanti]" dans les pays qui  l’ont dépénalisé. D’après Pierre Olivier Arduin "nul doute qu’il faille exercer une vigilance accrue dans les semaines à venir sur le droit des professionnels de santé à bénéficier intégralement de cette liberté de conscience".

L‘auteur dénonce "une arme autrement plus dangereuse […] : l’IVG dite médicamenteuse par RU-486". Il rappelle que ce type d’avortement est développé pour ses trois "avantages" : il permet de contrôler l’effet dissuasif de l’échographie ; il banalise l’acte (une seule prise de médicament) ; il s’appuie sur la mobilisation d’un maximum de médecins en recrutant chez les gynécologues de ville et les médecins généralistes. D’après l’Institut de politique familiale, le RU-486 est devenu le système de contrôle des naissances le plus diffusé en Europe.

En France, le recours à l’IVG médicamenteuse ne cesse de croître. En 2006, elle représentait 46% de l’ensemble des avortements. Notons que la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008 a modifié le Code de santé publique autorisant "les centres de santé du planning familial à pratiquer des interruptions volontaires de grossesses" par voie médicamenteuse.

Enfin, Pierre-Olivier Arduin s’inquiète que certains préconisent d’autoriser les sages-femmes à administrer la pilule abortive.

Décryptage (Pierre-Olivier Arduin) 17/10/08

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