CRISPR pour diagnostiquer des maladies infectieuses ?

Publié le 20 Fév, 2019

Au Niger, un test de diagnostic basé sur CRISPR est à l’essai pour détecter précocement des maladies infectieuses telles que la fièvre de Lassa et freiner la propagation de l’épidémie. CRISPR peut en effet rechercher des fragments génétiques pour lequel il a été programmé, par exemple l’ARN du virus de Lassa. En Californie, d’autres chercheurs testent les diagnostics CRISPR pour le virus de la dengue, le virus Zika et les souches de Papillomavirus humain liées au développement de cancer. Au Congo, un diagnostic CRISPR devrait être testé sous peu pour le virus Ebola.

 

Ces tests diagnostiques ont l’avantage d’être simple d’utilisation : ils demandent peu de ressources et peuvent être facilement mis en œuvre dans des pays touchés par des épidémies. En outre, ils devraient être aisément adaptables à la souche virale en circulation. C’est une équipe du Broad Institute du MIT et de Harvard à Cambridge qui a mis au point le concept du test baptisé SHERLOCK utilisé au Nigeria. La séquence génétique coupée par la protéine Cas13 déclenche la formation d’une bande sombre qui permet de lire aisément le résultat du test. Au Nigeria, il est réalisé en parallèle du test conventionnel par PCR[1] mais coûte moitié moins cher et mets deux fois moins de temps à rendre des résultats. Les deux diagnostics nécessitent de l’électricité mais l’approche CRISPR est moins sensible aux pannes, régulières dans ce pays.

 

Selon la protéine Cas employée, les tests diagnostiques ciblent différentes maladies. A l’université de Berkeley, Jennifer Doudna travaille avec Cass12a qui cible des séquences d’ADN et non d’ARN, et sert au diagnostic des papillomavirus. Le test, développé par la start up Mammoth Biosciences est en cours de validation.

 


[1] Polymerase Chain Reaction.

Nature, Amy Maxmen (19/02/2019)

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