« Corps avec des vagins, personne en capacité de porter un enfant » : quand les mots effacent la femme

Publié le 5 Oct, 2021

Le 25 septembre, The Lancet, une revue médicale de premier plan, twittait sa couverture : « Historiquement, l’anatomie et la physiologie des corps dotés de vagins ont été négligées ». Exit les femmes, les voilà circonscrites à leurs seules fonctions reproductives : des corps avec des vagins. Devant les réactions, le rédacteur en chef, Richard Horton, a dû présenter des excuses « pour avoir donné l’impression que nous avons déshumanisé et marginalisé les femmes »[1]. Cependant il a tenu à « souligner en même temps que la santé des transgenres est une dimension importante des soins de santé modernes, mais qui reste négligée ».

Les recommandations du corps médical

Mais l’événement n’est ni nouveau ni isolé. En 2016, la British Medical Association recommandait à son personnel d’utiliser le terme « personnes enceintes » au lieu de femmes enceintes[2]. Et en février de l’année dernière, les sages-femmes du Brighton and Sussex University Hospitals Trust ont été invitées à employer des termes tels que « lait de poitrine » au lieu de lait maternel[3]. En effet, le terme anglais fait référence aux seins et « certains hommes transgenres qui accouchent et allaitent leurs enfants » ressentiraient « une profonde détresse lorsqu’on leur rappelle qu’ils le font avec leurs seins », a-t-on expliqué aux sages-femmes.

Un nouveau combat politique ?

Dans le champ politique, le programme d’Europe Ecologie Les Verts pour les prochaines élections présidentielles a remplacé le mot femme par « personne en capacité de porter un enfant »[4]. Avec un but, celui de promouvoir la “PMA pour toutes” aux hommes transgenres, des femmes devenues hommes à l’état civil.

Une écologie qui promeut un féminisme sans la femme, une médecine qui la réduit à un « corps avec un vagin » … Les mots ne devraient-ils pas être le prochain combat des féministes ? (cf. La novlangue à la conquête de la bioéthique ?). On peut douter que ce soit l’écriture inclusive qui lui redonnera sa place.

 

[1] BioEdge, ‘The Lancet’ enters the transgender word wars, Michael Cook (03/10/2021).

[2] Daily Mail, Chestfeeding, gestational parent and bodies with vaginas… British medicine’s new ‘general neutral inclusive language’ is all very woke but patients don’t have a clue what it means, writes EVE SIMMONS (02/10/2021).

[3] « Chest milk » au lieu de « breast milk ».

[4] Valeurs actuelles, Le projet EELV 2022 remplace le mot “femme” par “personne en capacité de porter un enfant” (15/09/2021).

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