Clonage : un  »crime contre l’humanité » ?

Publié le : 4 novembre 2003

Marcela Iacub, juriste et chercheur au CNRS, revient sur la dénomination « crime contre l’humanité » attribuée au clonage dans le projet de révision des lois de bioéthique. Elle ironise sur « l’inventeur » de cette « catégorie criminelle baroque« , à savoir le ministre de la Santé Jean-François Mattéi, qui punit plus fortement le fait de donner naissance à un clone que le fait de le tuer.

 

Pour elle, ce qui doit être protégé n’apparaît pas clairement dans cette nouvelle dénomination pénale. C’est comme si il y avait un « crime » sans victime car si ce « crime » protège l’appartenance de la personne à l’espèce humaine, cela signifierait-il qu’un clone ne soit pas doté du statut d’être humain ?

 

Marcela Iacub voit dans cette dénomination une volonté non de « protéger les individus d’un mal qui leur serait fait » mais de protéger « une entité collective qui serait définie par la reproduction sexuelle« .

 

« N‘est-il pas inquiétant que l’Etat s’autorise à distribuer des peines aussi lourdes pour punir ce qui n’est après tout qu’une technique procréative, au détriment de toute prise en considération de l’intérêt des individus eux-mêmes ? »

<p>Libération (Marcela Iacub) 04/11/03</p>

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