Clonage humain : un vide juridique

Publié le : 10 novembre 2003

Jeudi dernier, la commission juridique de l’Assemblée générale de l’ONU a voté le report pour deux ans de toute décision concernant le clonage humain par un vote de 80 voix contre 79 et 15 abstentions (cf revue de presse du 07/11/03). La décision est donc reportée à 2005.

 

Ce vote constitue un revers pour tous ceux qui souhaitaient l’interdiction de toute forme de clonage humain : « une interdiction totale du clonage humain devrait être la norme internationale » a affirmé l’ambassadeur adjoint américain. Du côté du Vatican également on ne cache pas sa déception « cette motion est un peu décevante », estime Mgr Migliore, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU « dans ce sens où renvoyer de deux ans signifie accepter que pendant deux ans nous conservons ce vide juridique international, et que donc des expériences éventuelles peuvent se poursuivre ».

 

En revanche pour Hervé Ladsous le représentant du quai d’Orsay, ce report « est la moins mauvaise solution ». Il a par ailleurs fustigé « l’intransigeance des partisans d’une interdiction absolue sans nuance, sans possibilité d’exception ». 

 

Un tel moratoire laisse cependant la porte ouverte à toutes les expériences et toutes les aberrations possibles en matière de clonage. Si comme le souligne le Pr Axel Kahn, le clonage reproductif ne représente pas un réel danger à court terme, au niveau éthique en revanche cette décision est lourde de conséquences.Il existe en effet de nombreux pays (dont l’Inde, la Chine, la Russie, certains pays du Maghreb..) où il n’existe aucune législation.

 

Le renvoi de la décision permet également la poursuite des travaux sur les cellules souches embryonnaires et plus largement sur le clonage thérapeutique alors que les espoirs mis sur cette technique ne sont pas scientifiquement établis. « Chez les gens sérieux personne ne nie que ce type de clonage n’a pas de perspective à court terme » souligne Axel Kahn.

 

Rappelons enfin que le clonage thérapeutique entraîne la fabrication et la destruction d’embryons destinés à la recherche et une inévitable dérive vers un trafic d’ovules.

<p>Le Figaro (Catherine Petitnicolas) 08/11/03 - Le Monde (Corine Lesnes) 08/11/03 - Zenit 08/11/03 - Le Quotidien du Médecin 10/11/03 - La Croix 10/11/03</p>

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