Chine : avortement forcé à 8 mois

Publié le : 28 octobre 2010

Alors que le gouvernement chinois a annoncé le 20 octobre 2010 que le sixième recensement de la population allait avoir lieu, 10 ans après le précédent, une femme enceinte de 8 mois de son deuxième enfant a été contrainte d’avorter par violence au nom de la politique de l’enfant unique.

Sur un blog qu’il a créé, son mari Luo Yanquan raconte comment, le 10 octobre 2010, une dizaine de membres du bureau local du planning familial sont entrés chez lui et son épouse Xiao Aiying. Ils ont déclaré à celle-ci que sa grossesse était illégale, le couple ayant déjà déjà une petite fille de 9 ans. Alors que la jeune femme refusait de suivre les fonctionnaires pour que soit pratiqué l’avortement, ils l’ont frappée : "Ils lui ont mis les mains dans le dos et l’ont poussée la tête contre le mur, avant de la frapper au ventre" explique son mari.

Emmenée de force et détenue dans une clinique pendant trois jours, Xiao Aiying a ensuite été menée dans un hôpital où on lui a injecté un produit létal pour tuer l’enfant qu’elle portait. Elle a accouché d’un enfant mort-né le 14 octobre ; ni elle ni son mari ne connaissent le sexe de leur enfant avorté. Des médias étrangers dont la télévision Al-Jazira ont rapporté cette affaire. Un journaliste d’Associated Press a interrogé par téléphone un fonctionnaire du planning familial qui a confirmé que Xiao Aiying apparaissait bien sur ses listings comme ayant avorté récemment, mais il a prétendu que la grossesse avait été interrompue à 6 mois et que l’avortement était volontaire de la part des deux membres du couple. Luo Yanquan dément avec vigueur : "je n’ai jamais rien signé, ni moi, ni personne de ma famille. J’ai appelé la police, mais ils m’ont dit que les affaires concernant le planning familial n’étaient pas de leur ressort . Je veux porter plainte, mais les avocats que j’ai contactés ici disent qu’ils ne peuvent pas m’aider et que les médias ne diront rien de cette affaire".

Obliger une femme à avorter est un crime dans le droit chinois. Pourtant, si d’autres femmes et leurs bébés connaissent le même sort, la police autant que les juges ne veulent pas se saisir de leurs plaintes à ce sujet. Astreints aux directives de la propagande, les médias ne diffusent pas ces affaires. Des avocats ont toutefois tenté d’aider des femmes enceintes menacées, ces dernières années, et plusieurs ont pour cela été persécutés ou emprisonnés (Cf. Synthèse de presse du 14/09/10).

Cyberpresse.ca (Alexa Olesen) 22/10/10 - Eglises d'Asie 22/10/10

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