Bernard Debré, entre serpent à plumes et serpent à sornettes

Publié le : 15 novembre 2005

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, réagit vivement au livre du Pr. Bernard Debré, La Revanche du serpent ou la Fin de l’homo sapiens (Le Cherche midi): "L’urologie est une discipline honnête qui ne prédispose pas forcément ses experts à devenir des Che Guevara de laboratoire. Et quand le Pr. Bernard Debré nous fait prendre des vessies pour des lanternes, on ne marche pas."

Tout d’abord, M. Le Méné s’étonne du manque d’objectivité et d’analyse scientifique de la part d’un urologue réputé :"Il convoque le surnaturel à tout bout de champ, ce qui n’est pas très révolutionnaire. Et, en titillant sans arrêt la fibre émotionnelle, sans s’adresser à la raison, il sous-estime le lecteur, ce qui risque de l’agacer", regrette-t-il.

Il dénonce le scientisme primaire de l’ouvrage : "Au commencement, ‘la Science’ planait sur les eaux, divinité omnipotente, infiniment bonne et infiniment aimable, autour de laquelle M. Debré tricote un catéchisme sur mesure." Et s’amuse du "panthéon syncrétique" invoqué par M. Debré : "Isis et Osiris dans la procréation post mortem, Cronos et Aphrodite dans la fécondation artificielle, Zeus et Athéna dans le clonage".

Il s’étonne de voir le brave patriarche Noé présenté comme le père de l’eugénisme, et saint Thomas d’Aquin soupçonné de prendre le parti de l’avortement.

Mais le plus fort est pour la fin, quand "le Pr. Debré s’emploie ensuite à vouloir convaincre [le lecteur] en suscitant, à bon compte, son émotion. Et là, ce n’est plus de la littérature, c’est du théâtre de marionnettes", regrette-t-il. Le Pr. Debré n’envisage-t-il pas en effet un futur proche où l’on pourra "recréer des organes entiers, exempts de toute malformation", grâce aux cellules souches embryonnaires ? "Et voilà le lecteur en train de fantasmer sur des bocaux contenant des cœurs et des reins en conserve où il suffira d’aller piocher comme dans un bocal de cornichons".

Pour Bernard Debré puisque l’avortement est permis, on peut en conclure que l’embryon n’est rien. "Pourquoi, si l’on peut, en toute légalité, supprimer un fœtus, ne pas autoriser les expériences jusqu’à cette date ?". Jean-Marie Le Méné apprécie à sa juste valeur cette "percée conceptuelle fulgurante"… "Que c’est simple et beau la science avec M. Debré !" s’émerveille-t-il.

Jean-Marie Le Méné dénonce "l’eugénisme de liberté" auquel M. Debré souscrit sans réserve.

Et M. Le Méné de conclure : "Il n’y a pas de risque à soutenir que le chef de service hospitalier vaut mieux que le livre qu’il a commis : un ouvrage prétentieux et pédant qui sonne faux du début à la fin, comme si son auteur se forçait à porter un vêtement très tendance, pour faire genre. M. Debré n’est pas un révolutionnaire de légende. Il n’y peut rien, personne ne lui en veut pour cela. Et cette frénésie vaporeuse à vouloir changer l’homme, à se prendre pour un prophète en annonçant une post humanité, dans le piétinement snob des valeurs de sa propre famille politique, tombe à plat. On a envie de dire à propos des thèses qu’il véhicule imprudemment : non, pas lui, pas comme ça, qu’il laisse tomber, ça ne lui va pas…"

Lire la totalité de l’article de Jean-Marie Le Méné (format pdf – 50 Ko)

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