Avortements sélectifs et dénatalité

Publié le : 14 novembre 2011

La presse revient sur la persistance des avortements de fœtus féminins en Albanie et dans les pays du Caucase comme l’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan (Cf. Synthèse de presse du 07/10/11).

Bien que l’Albanie interdise depuis 2002 la sélection prénatale des enfants à naître en fonction du sexe, aucune sanction n’existe en cas d’infractions à la loi. Un fait qu’a déploré Doris Stump, parlementaire suisse qui a rédigé un rapport sur ce phénomène, publié en octobre dernier et suivi de l’adoption par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) d’une résolution condamnant la sélection prénatale du sexe (Cf. Lettre mensuelle d’octobre 2011 – n°142). L’APCE a ainsi appelé l’Albanie, l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Géorgie à conduire une enquête sur les causes de ce phénomène et à récolter des données permettant de le cerner précisément.
Des experts expliquent que les avortements sélectifs de fœtus féminins et les infanticides de filles risquent d’entrainer un déséquilibre démographique important et de renforcer les trafics de femmes.

Par ailleurs, en Russie, le gouvernement s’alarme du déclin démographique et du taux d’avortements dans le pays, un des plus élevés au monde, avec, selon Rosstat, 1 186 million d’IVG en 2010 (Cf. Synthèse de presse du 09/11/11). Le 21 octobre 2011, la Douma (chambre basse du Parlement russe) a adopté la loi sur l’avortement, en discussion depuis le début de l’année 2011. Cette loi fixe le délai limite pour avorter à 12 semaines et à 22 semaines en cas de viol, de complication médicale ou pour les femmes prouvant qu’elles n’ont pas les moyens d’avoir un enfant. Elle prévoit également un délai de réflexion allant de 2 jours à 1 semaine avant l’intervention. Entre autres mesures, le gouvernement prévoit la création de cabinets spécialisés pour conseiller les femmes sur les dangers de l’avortement, cet acte étant souvent pratiqué secrètement dans des cabinets illégaux. Si la natalité a connu une légère hausse en 2010, elle n’est pas encore suffisante pour remédier à l’actuel déclin de la population. L’Eglise orthodoxe russe avait participé au groupe de travail chargé de formuler des suggestions pour l’élaboration de cette loi (Cf. Synthèse de presse du 18/01/11).

Le Monde (Marie Jégo) 11/11/11 – Tribune de Genève 11/11/11 – AFP 11/11/11 – Famili.fr 14/11/11

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