Avortements et contraception

Publié le 6 Mar, 2009

Face à un nombre d’avortements qui reste élevé (210 000 environ chaque année) en même temps qu’un usage massif de la contraception, Le Quotidien du Médecin se demande "comment réconcilier les femmes avec leur contraception". Cet apparent paradoxe n’est pas l’apanage de la France seule, en Angleterre où toutes les méthodes de contraception sont remboursées, le nombre d’avortements ne cesse d’augmenter.

En 2006, 209 699 avortements ont été pratiqués en France métropolitaine, soit un taux de 14,4‰ femmes. Signalons que ce taux est plus élevé encore dans les départements d’Outre-mer : par exemple, en Guyane, il atteint 34,7‰. Chez les adolescentes de 15 à 17 ans, ce taux est passé de 8,9‰ en 2000 à 11,5‰ en 2006.

Pourtant, selon une enquête INPES BVA de février 2007, 66% des personnes en âge de procréer utilisent un moyen contraceptif : 58% les estroprogestatifs, 28% les préservatifs, 21% les dispositifs intra-utérins (DIU) et 8% les autres méthodes. D’après Le Quotidien, les estroprogestatifs font encore peur en raison de leurs effets secondaires potentiels (prise de poids, modifications d’humeur, migraine, cancer…) et la vente de plaquettes diminue : de 65 millions de plaquettes vendues en 2003, on est passé à 61 millions en 2007. Par ailleurs, le journal note que 30 à 50% des femmes arrêtent de prendre leur pilule au cours de la première année (la majorité dans les six premiers mois). Plus de 50% des adolescentes arrêtent dans les trois premiers mois.

Le Quotidien souligne alors le "rôle prépondérant" du médecin en tant que relais d’information sur la contraception, appuyé par les médias et insiste sur la nécessité de tenir compte "des perceptions individuelles, socio-psychologiques et culturelles différentes chez chaque patiente". "La consultation de contraception (…) ne doit pas se résumer à "l’ordonnance" pour plusieurs mois." "L’adhésion au produit est nécessaire à son observance", poursuit-il.

Le journal insiste enfin sur la nécessité d’"une information et une éducation à la sexualité (…) dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées" comme prévu par la loi et d’une implication plus forte des médecins dans leur ville.

"La prise en charge de la contraception des femmes en 2009 doit les impliquer mais doit aussi impliquer davantage leur médecin", conclut Le Quotidien qui ajoute que "les produits vont (…) encore s’améliorer" et qu’"il faudra les prescrire en expliquant, convaincre afin d’améliorer leur observance pour éviter ce nombre important d’IVG ou de grossesses non désirées"…

[NDLR : les DIU ou stérilets sont ici classés dans les produits contraceptifs, or, ils ont un effet abortif en empêchant la nidation de l’embryon.]

Le Quotidien du Médecin (Dr Lydia Marié-Scemama) 06/03/09

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