« Aidez-nous à vivre dans la dignité »

Publié le 28 Mai, 2021

« Non seulement je suis en vie, mais je compte le rester. » Georgia Vrakas, psychologue et professeur de l’Université du Québec à Trois-Rivières, a été auditionnée le 21 mai dans le cadre des « consultations particulières et auditions publiques sur l’évolution de la Loi concernant les soins de fin de vie » (cf. Euthanasie au Canada : mise en place de nouveaux élargissements). Un témoignage qu’elle a livré « comme professionnelle en santé mentale, mais aussi en tant que personne vivant avec une maladie mentale depuis l’âge de 23 ans ».

« Pendant plus de 20 ans, je pensais vivre avec un trouble dépressif », raconte-t-elle, avant qu’on lui diagnostique au début du mois « un trouble bipolaire de type 2, un trouble mental considéré comme grave et persistant ». « Les mois qui ont précédé le diagnostic ont été particulièrement houleux ; j’ai même pensé sérieusement au suicide », confesse-t-elle. Mais l’appel à un numéro de soutien l’a « aidée à [s]e raccrocher à la vie ». « Je ne voulais pas mourir, je voulais arrêter de souffrir », explique-t-elle. Georgia a désormais commencé « un traitement prometteur », avec l’espoir d’un rétablissement. « Un processus de reconstruction de notre identité, une identité qui inclut la maladie mentale, mais qui n’est pas limitée à celle-ci. »

Bonne question, mauvaise réponse

« Près de 20 % de la population du Québec, soit une personne sur cinq, souffrira d’une maladie mentale au cours de sa vie », affirme la psychologue. Ainsi, « la maladie mentale ainsi que le suicide sont des problèmes de santé publique qui nécessitent une réponse de santé publique ». Et pas une « réponse politique » comme l’est « l’inclusion de la maladie mentale comme seul motif dans la Loi concernant les soins de fin de vie ».

« On se retrouve à débattre de l’inclusion des personnes atteintes de maladies mentales à l’AMM[1] pour supposément nous aider à mieux mourir quand on n’a même pas accès aux services minimaux pour nous aider à mieux vivre », déplore Georgia Vrakas. « On lance un message aux gens comme moi qu’il n’y a pas d’espoir », regrette-t-elle.

Lutter contre le suicide et l’autoriser s’il est assisté ?

Par ailleurs « on investit dans la prévention du suicide », pointe la psychologue. Alors « comment réconcilier l’AMM avec cela en sachant que 90 % des personnes qui meurent par suicide ont une maladie mentale ? Comment différencier ce “désir de mourir” par l’AMM du “désir de se suicider” ? » interroge-t-elle. « Donnez-nous une chance, aidez-nous à continuer à avancer et à vivre dans la dignité ».

 

[1] aide médicale à mourir

Source : La Presse, Georgia Vrakas (27/05/2021) – Photo : Pixabay

Partager cet article

Synthèses de presse

Italie: selon le tribunal d’Ancône il existe un "droit au suicide"
/ Fin de vie

Italie: selon le tribunal d’Ancône il existe un “droit au suicide”

Le tribunal d'Ancône interprète un arrêt de la cour constitutionnelle dépénalisant l'aide au suicide comme un droit personnel au suicide ...
Australie: Marie Stopes International ferme des cliniques d'avortement
/ IVG-IMG

Australie: Marie Stopes International ferme des cliniques d’avortement

Dans la région du Queensland, les cliniques d’avortement n’étant plus « financièrement viables », fermeront en juillet ...
10_open_data
/ E-santé

Neuf applications de santé sur dix récoltent les données de leurs utilisateurs

Une étude révèle de « graves problèmes de protection de la vie privée et des pratiques de protection de la ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres