Adoption internationale en France : Une baisse qui augmenterait les demandes de PMA et GPA ?

Publié le 8 Fév, 2016

La Mission de l’Adoption Internationale a publié son bilan 2015 : « Seuls 815 enfants étrangers ont été recueillis par des français en 2015 ». La France passe ainsi « sous le seuil symbolique des 1000 adoptions annuelles », le chiffre le plus bas depuis le début des années 80. Il s’agit « de la cinquième année consécutive de baisse » (cf. Ined : « l’adoption internationale n’est presque plus une option). Une tendance qui touche également les autres pays d’accueil comme les Etats-Unis. Toutefois, « on comptait fin 2013 plus de 18 000 agréments en cours de validité ».

 

Les principaux pays d’origine sont le Vietnam, la Colombie et la Cote d’Ivoire. 54% des adoptions ont concerné des garçons et 46% des filles. 65% des adoptions « ont bénéficié à des enfants ‘à besoins spécifiques’ »[1]. « Seuls 10% » des enfants confiés à l’adoption internationale sont orphelins, la majorité d’entre eux est abandonnée ou retirée à leurs parents.

« Moins d’une dizaine de couples homosexuels ont réalisé une adoption à l’étranger » suite à la loi sur le mariage pour tous. Ces enfants sont originaires d’Afrique du Sud ou du Brésil, « seuls pays ouverts à l’adoption par les couples de même sexe ».

 

Cette baisse « s’explique en grande partie par une moralisation de l’adoption internationale » : de plus en plus de pays signent la convention de La Haye, « charte éthique qui donne la priorité au maintien des enfants délaissés dans leur entourage familiale et à l’adoption nationale ». Par ailleurs, le nombre de mineurs confiés à l’adoption se réduit :

 

  • du fait de la baisse de la mortalité et de la hausse du niveau de vie des pays traditionnellement d’origine qui réduisent le nombre d’orphelins,
  • du fait de la diffusion de la contraception et de l’interruption de grossesse,
  • du fait du développement des politiques sociales et familiales d’aide aux mineurs orphelins ou abandonnés.

 

L’Ined[2] constate que ce « déclin des adoptions ne sera pas sans conséquence dans les pays d’accueil comme la France : on peut s’attendre à une augmentation des demandes de procréation médicalement assistée ainsi que de gestation pour autrui ».

 

L’Agence européenne des adoptés a pour sa part mis en ligne, lundi, une vidéo, dans laquelle elle explique que le déséquilibre entre le nombre de parents en attente et le nombre d’enfants confiés à l’adoption s’est accru avec la loi Taubira. Elle dénonce le détournement de l’adoption avec les techniques de PMA et la GPA : au lieu de « combler le manque de l’enfant en lui donnant des parents suite à une épreuve de la vie », on « comble le manque des parents en leur donnant un enfant ».

 

[1] Enfants de plus de 5 ans, accueil simultané d’au moins deux membres d’une fratrie, ou enfants atteint d’une ou plusieurs pathologies.

[2] Institut national des études démographiques.

Le Figaro (27/01/2016) ; Ined

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