A propos des PMA

Publié le 6 Mai, 2008

Le pédopsychiatre François Ansermet accorde un entretien à Libération à propos des procréations médicalement assistées (PMA). Les PMA "donnent accès à de nouvelles images du début de la vie", nous livrant une représentation de la procréation et pourtant, paradoxalement, "le fait de le montrer rend l’instant de la procréation encore plus inexplicable et insaisissable subjectivement". Les images du début de la vie fournies par les PMA font rejaillir de nombreuses questions sur l’origine de la vie, la filiation, la transmission… Bien qu’elles nous montrent un peu de ce qu’elles représentent, elles résistent à percer le mystère de la procréation sur lequel même le biologiste bute.

Face à ce mystère, il évoque la "terreur sacrée" à laquelle se trouvent confrontés les biologistes qui sont souvent "pris de vertige". "Au bout de la maîtrise de la fécondation et de l’émergence in vitro de la vie, il y a, pour eux aussi, quelque chose qui échappe." "Les PMA impliquent une série de vertiges pour ceux qui les pratiquent comme pour ceux qui s’y soumettent", d’où le recours fréquent à la psychanalyse.

Il estime par ailleurs que les PMA "nous satisfont car elles correspondent à l’idée qu’il n’y a pas de lien entre sexualité et procréation". D’après lui, nous imaginons tous être issus d’un autre moyen que la sexualité de la même manière que, lorsque nous étions enfants, nous "dénions" la sexualité de nos parents. Mais il ajoute que, paradoxalement, les PMA montrent la sexualité dans la procréation par le fait même de la contourner.

François Ansermet évoque le fait que les PMA instaurent un doute, surtout sur la paternité, de par la place, importante, accordée aux tiers dans la procréation. "Un patient avait imaginé tout un scénario autour de la laborantine. Selon ce père, cette femme avait un rendez-vous amoureux, une Peugeot décapotable, des ongles peints, des bracelets au bras… tous les artifices de la féminité. Il l’imagine manipulant les spermatozoïdes, tout en pensant à autre chose, à son rendez-vous galant. Pourtant, c’est bien elle qui va choisir le spermatozoïde. Elle aurait pu en choisir un autre. Le doute sur la paternité se déplace sur le choix du spermatozoïde", explique-t-il. Un autre exemple de cette place du tiers est le nombre de couples qui donnent à leur enfant le prénom de leur gynécologue.

Enfin, pour lui être un père, une mère ou un enfant "sont des inventions, des fabrications, des bricolages que chacun tente de mettre en place pour traiter l’impensable de l’origine et de la complexité du rapport entre les sexes et les générations".

Libération (Cécile Daumas) 03&04/05/08

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