30 ans d’avortements

Publié le : 14 décembre 2004

La Croix dans le supplément Science et éthique observe la situation de différents pays face à l’avortement. En Chine la politique de l’enfant unique a empêché 300 millions de naissances. Selon les autorités, elle a conduit à des abus tels que l’infanticide, les avortements sous contrainte et les avortements sélectifs des filles qui produisent comme en Inde un déficit de femmes dans la population. En 2000, il y avait 117 garçons pour 100 filles avec des pics dans certaines régions de 135 pour 100. Le déficit de bébés féminins s’accroît encore pour la deuxième naissance. Ces dernières années, en Chine, les relations sexuelles adolescentes deviennent plus fréquentes. Le manque d’information et d’éducation sexuelle provoque une multiplication des grossesses chez les jeunes filles. Des centres spécialisés leur proposent gratuitement la contraception d’urgence et l’avortement.

En Allemagne, les textes ont été modifiés à 4 reprises depuis 1972. Les sages garants de la loi fondamentale (la constitution) dont l’article 1 stipule : "La dignité de l’homme est intouchable" ont refusé deux fois les lois favorisant l’avortement. En particulier après la réunification de 1990. Aujourd’hui l’avortement n’est toujours pas légalisé, mais toléré et un entretien préalable est toujours obligatoire. Cet entretien a été la source d’une intense controverse entre Rome et les évêques allemands. Le Vatican ayant demandé aux centres gérés par des catholiques de ne pas signer les certificats qui autorisent les femmes à avorter.

La Croix s’intéresse également à l’attitude des catholiques :
Aux Etats-Unis, depuis 34 ans un comité épiscopal "pro-vie" agit notamment sur l’information publique et l’éducation, l’accompagnement pastoral des femmes confrontées à l’avortement et l’action politique destinée à "restaurer la protection légale de la vie d’enfants encore non nés". A l’échelle des diocèses, des initiatives sont prises pour accompagner ceux qui "ont souffert du traumatisme de l’avortement"
En Amérique du sud où la majorité des législations sont restrictives, l’Eglise s’est opposée aux tentatives successives de légalisation de l’avortement. Elle a agi de la même façon en Irlande, au Portugal, en Pologne ou en Espagne.

Dans Libération, Marcella Iacub fait le constat de 30 ans d’avortement : on veut apparemment faciliter le recours à l’avortement mais on ne veut pas l’instituer comme un droit. "Ce qu’on ne souhaite manifestement pas admettre c’est que, depuis 1975, on a créé une catégorie d’êtres humains, ceux qui ne sont pas encore nés, dont la vie est suspendue à la décision de ceux qui  sont déjà nés, plus précisément des femmes". Ce qui la conduit à demander pourquoi on laisse encore s’exercer un contrôle médical pour avorter un enfant atteint de certaines maladies. En refusant de laisser les femmes décider seules de la naissance de l’enfant on conserve à l’avortement un caractère fondamentalement transgressif.

Libération (Marcela Iacub) 14/12/04 - La Croix (Blandine Milcent, Pierre Schmidt, Dorian Malovic) 14/12/0

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