Vives réactions autour du clonage thérapeutique

Publié le : 28 novembre 2001

Alors que la société ACT vient d’annoncer qu’elle avait réussi à cloner un embryon humain par transfert nucléaire, de nombreuses voix s’élèvent en réaction.
Dans une interview au journal La Croix, le Père Olivier de Dinechin, jésuite, théologien, expert auprès de l’épiscopat français pour les questions de bioéthique et membre du CCNE réagit à cette annonce. Il dénonce notamment les difficultés qu’il y aura à freiner de telles expériences dans la mesure où elles sont portées par des intérêts financiers. Il souligne que les scientifiques multiplient les pressions notamment auprès du CCNE afin que l’on change la loi. Le débat parlementaire devra donc peser tous les arguments car « s’il on ne met pas de limites, on verra bientôt l’embryon cobaye ou l’embryon médicament ». Il ajoute que l’embryon ne doit pas servir de matière première, pas même pour la recherche dans un but thérapeutique. « La recherche fonctionne par erreurs. Il n’est pas admissible qu’on fasse entrer dans cette procédure des êtres humains commençants » ajoute t-il. Enfin, à propos des embryons surnuméraires, il souhaite que des dispositions législatives soient prises pour que les parents puissent évaluer les risques, les inconvénients et les conséquences des fécondations in vitro.
Elisabeth Guigou, quant à elle, déclare qu’elle est opposée à cette méthode mais elle se montre favorable à la recherche sur les embryons surnuméraires.  « Les conclusions d’un récent séminaire scientifique qui s’est tenu à Londres le 5 novembre a montré que les scientifiques ne sont plus aussi sûrs des avantages du transfert nucléaire pour l’absence de rejet immunologique. Ce risque paraît exister aussi bien avec cette technique qu’avec l’utilisation de cellules souches issues d’embryons surnuméraires ».  Elle estime « beaucoup plus sage » de ne pas autoriser par voie législative le clonage thérapeutique et souligne les risques liés « au recueil et à l’exploitation de nombreuses cellules sexuelles féminines ». Elle souhaite enfin « un cadre législatif européen et mondial interdisant le clonage reproductif » qui devrait selon elle s’accompagner de lourdes sanctions pénales de portée internationale.
Quant à Bernard Kouchner, lors des journées de bioéthique, il s’est déclaré favorable au clonage thérapeutique. Selon lui, « le clonage reproductif et le clonage thérapeutique sont de nature totalement différente. Si le premier doit être interdit , y compris à l’échelle mondiale, le second doit être encadré » affirme t-il.

<p>Libération 28/11/01 – Le Monde 28/11/01 – La Croix 28/11/01</p>

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