Recherche sur les cellules souches embryonnaires : avis divergents

Publié le 16 Juin, 2011

La question de la recherche sur l’embryon humain et les cellules souches embryonnaires humaines suscitent des positions opposées.

Dans L’Express, Noëlle Lenoir, femme politique présidente du Cercle des Européens, déplore le vote du Sénat qui a adopté l’interdiction de cette recherche, avec dérogations, lors de l’examen du projet de loi de bioéthique en deuxième lecture (Cf. Synthèses de presse du 10/06/11 et du 15/06/11). Faisant siens les arguments des partisans d’une autorisation de la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines, elle estime que la France a fait le choix d’une législation restrictive en la matière qui la laisse en marge par rapport à d’autres pays du monde. Plutôt qu’une interdiction assortie de dérogations, la recherche sur les cellules embryonnaires humaines devrait selon elle être autorisée ou bien complètement interdite si tant est que "l’éthique commande de bannir toute pratique entrainant la destruction d’embryons". Noëlle Lenoir considère qu’interdire la recherche "au motif que la liberté de chercher est subordonnée au respect de la dignité humaine ne convainc pas". Elle se dit également opposée à l’interdiction du brevetage des procédés utilisant des cellules embryonnaires humaines envisagée par l’avocat général de la Cour de justice de l’Union Européenne (Cf. Synthèse de presse du 25/03/11).

Interrogé par le Quotidien du médecin, Pierre Le Coz, vice-président du Comité Consultatif national d’éthique (CCNE), considère quant à lui qu’il était nécessaire de préserver le régime d’interdiction avec dérogations. "Mon argument est d’abord démocratique  […] une partie de nos contemporains pensent que nous ne devons pas transgresser des lignes symboliques". Il explique en outre que ce choix ne freine pas la recherche : "je dénonce l’hypocrisie […] qui consiste à dire que la recherche serait pénalisée par ce régime législatif. J’ai personnellement participé aux travaux du conseil d’orientation de l’Agence de la biomédecine pendant trois ans et nous avons toujours autorisé des travaux de recherche sur les embryons (ou les cellules souches) sans beaucoup de difficultés : rares étaient les dossiers recalés".

Le Quotidien du médecin 17/06/11 – L’Express 15/06/11

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