Quand la médecine étudie les « expériences de mort imminente »

Publié le : 4 décembre 2014

«Contrairement à ce que nous pensons, la mort ne serait pas un instant donné, mais un processus potentiellement réversible». C’est en ces termes que le docteur Sam Parnia, de l’université de l’Etat de New York, conclut une étude (AWARE) qui visait à analyser scientifiquement les états de conscience et les expériences dites de « mort imminente » (NDE, Near Death Expérience).

 

L’étude menée dans 5 hôpitaux des Etats Unis, du Royaume Unis et d’Autriche, a portée sur 330 « arrêts cardiaques ressuscités ». Parmi eux, 140 patients ont eu un seul entretien, 101 autres ont été interrogés deux fois.

 

Lors du premier entretien, 85 participants ne se souvenaient de rien et l’ont confirmé lors du second entretien. Parmi les 55 autres patients, les sensations vagues se sont précisées :

  • 46 d’entre eux avaient des souvenirs précis qui concernaient 7 thèmes principaux : la peur ; les animaux et les plantes ; une lumière brillante ; la violence ou la persécution ; du déjà-vu ou encore des souvenirs précédant leur arrêt cardiaque.
  • 9 personnes ont évoquées des descriptions classiques aux expériences NDE.
  • 2 personnes ont décrit des expériences de conscience avec des souvenirs très précis entendus ou vus au moment de l’épisode de l’arrêt cardiaque.

 

L’une de ces 2 personnes relate des faits surprenants : « Cet homme de 57 ans affirme être sorti de son corps et avoir observé la scène depuis un coin du plafond, résume le site internet Medscape France. Il a décrit de façon précise les faits et gestes de l’équipe médicale, de même que l’utilisation du défibrillateur automatisé externe (DAE), dont il dit avoir entendu deux bips consécutifs. Fait étonnant : la description de la scène (y compris les paroles prononcées lors de la réanimation et la description physique de certains intervenants) rapportée par ce patient a été corroborée par l’équipe médicale. Plus surprenant encore: les deux bips du DAE ‘entendus’ par ce patient ont permis d’évaluer la durée du phénomène de ‘sortie de corps’ à trois minutes », déclare le Dr Parnia.

 

Le Dr Parnia poursuit : « Ce témoignage est d’autant plus significatif que, jusqu’à présent, les expériences en relation avec l’état de mort sont assimilées à des hallucinations qui surviendraient juste avant l’arrêt cardiaque ou lorsque le cœur repart à l’occasion d’une réanimation réussie. Dans le cas [de ce patient], une conscience de ce qui s’est passé a été mise en évidence pendant une période de trois minutes où le cœur était à l’arrêt. Ceci est d’autant plus paradoxal que le cerveau cesse de fonctionner dans les vingt à trente secondes qui suivent l’arrêt du cœur et que son activité ne redémarre pas tant que le cœur n’est pas reparti. De plus, les souvenirs précis, notamment visuels, de ce cas étaient totalement cohérents avec les événements réels. »

 

L’étude, qui comporte des limites, demande à être poursuivie. Pour Jean-Yves Nau, « elle entrouvre d’étranges fenêtres » qui pourraient éclairer le législateur au moment où deux députés, Alain Claeys et Jean Léonetti, s’apprêtent à remettre au Parlement français leurs conclusions sur la fin de vie.

<p>Blog Jean-Yves Nau (4/12/2014) - Planetesante.ch (26/11/2014) - Resuscitation (6/10/2014)</p>

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres