Projet de loi de bioéthique : les évêques vigilants

Publié le : 5 novembre 2010

Plusieurs évêques français disent leur inquiétude au sujet de certaines mesures du projet de loi de bioéthique. Le 4 novembre 2010, lors de l’ouverture de l’assemblée plénière des évêques de France, le cardinal André Vingt-Trois s’est félicité de voir que le texte du gouvernement prend en considération « l’intérêt de l’enfant » mais repère des mesures inquiétantes, notamment concernant l’embryon humain. Le cardinal constate que l’actuel régime d’interdiction de la recherche sur l’embryon, avec dérogations, se trouve « très fragilisé » par le renoncement à la visée explicitement thérapeutique de cette recherche. « Notre combat pour le respect de l’embryon humain ne relève pas d’une sorte d’attachement magique, mais d’une réflexion argumentée sur les risques que court l’humanité quand elle cède sur la défense du plus vulnérable » a-t-il insisté.

En introduction à la réflexion de l’assemblée plénière des évêques à Lourdes, Mgr. Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, a livré une réflexion intitulée « Entendre l’appel de la dignité« , parue le 2 novembre 2010 dans le quotidien Ouest France. Il écrit que « la dignité humaine est un appel qui ne peut être étouffé » que les lois doivent « protéger chez tous et en toutes circonstances« , notamment chez les plus vulnérables. « Entendre l’appel de la dignité, c’est ne pas céder aux tentations auxquelles expose l’étonnant silence de l’embryon humain. […] C’est reconnaître le continuum interne du développement embryonnaire et le passage par des seuils vitaux de celui qui ne peut devenir humain s’il ne l’est pas déjà. C’est considérer l’ensemble de notre droit qui, de façon cohérente, interdit l’utilisation de la vie d’un être humain pour le bien d’autres êtres humains. C’est faire les choix politiques, sans les mesurer au seul aspect financier, de moyens supplémentaires pour les recherches scientifiques menées dans le respect de la dignité humaine« . Mgr d’Ornellas ajoute que « le projet de loi change l’esprit de notre droit en ouvrant, dans des conditions peu restrictives, la possibilité permanente de détruire de façon délibérée des embryons humains pour la recherche ».

Dans un communiqué du 20 octobre 2010, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, écrit : « le choix retenu par le gouvernement de supprimer le caractère « expérimental » de la recherche sur l’embryon nous préoccupe fortement. Inscrire à titre permanent une exception au respect « de l’être humain dès le commencement de sa vie »  irait à l’encontre de « l’intérêt de l’enfant à naître », principe réaffirmé avec vigueur par le rapport de la mission parlementaire d’information sur la révision des lois de bioéthique« . Rappelant les progrès indéniables effectués dans le domaine des cellules souches adultes et des cellules iPS par la communauté scientifique internationale, il explique « qu’il n’y a jamais eu moins de raison qu’aujourd’hui de déroger au respect légal de l’embryon humain« .

<p>Le Quotidien du Médecin 04/11/10 - Ouest France 02/11/10 - Zenit 02/11/10 - Liberté Politique.com 22/10/10</p>

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