Opération de dépistage des maladies génétiques communes : 100 000 Estoniens concernés

Publié le : 10 avril 2018

100 000 Estoniens seront concernés par la mise à disposition d’un test ADN offert gratuitement par l’Etat, dans le cadre d’une opération de dépistage des maladies génétiques communes. 10 000 participants se sont déjà inscrits au programme, qui teste 600 000 variantes génétiques.

 

L’initiative, lancée le 20 mars dernier, a été développée entre le Ministère des Affaires Sociales, l’Institut National pour le Développement de la Santé et le Centre de Génome Estonien de l’Université de Tartu. Son but est de fournir à chaque citoyen testé des informations préventives personnalisées, et de lui prodiguer des conseils d’hygiène de vie selon son profil de risque, voire des traitements préventifs. Le test inclut aussi la prédiction des « réactions indésirables aux analgésiques et aux antidépresseurs ». Jevgeni Ossinovski, ministre de la Santé et du Travail explique : « Aujourd’hui, nous avons suffisamment de connaissances sur le risque génétique des maladies complexes et la variabilité interindividuelle des effets des médicaments pour commencer à utiliser systématiquement cette information dans les soins de santé quotidiens ».

 

Certains pays possèdent déjà des banques de données d’informations génétiques, comme la British Biobank, mais ces données sont anonymes et utilisées à des seules fins de recherche. Aucun conseil personnalisé n’est prodigué aux personnes testées. En Estonie, les participants au programme peuvent choisir les informations qu’ils recevront pour les interpréter avec leur médecin de famille, « si des mesures préventives telles que des changements de mode de vie ou la prise de médicaments peuvent être utiles ».

 

Certains voient l’initiative d’un mauvais œil. Hugh Whittall, directeur du Nuffield Council on Bioethics au Royaume-Uni explique : « Cela pourrait bien créer plus de questions que de réponses pour ceux qui y participent, et dans certains cas, une grande anxiété ».

 

Le gouvernement estonien consacre cinq millions d’euros à ce programme qui vise 10 % de la population, et prévoit déjà de l’élargir à la totalité des ressortissants si cette phase test était couronnée de succès.

<p>Bionews.org.uk, Anna Mallach (09/04/2018)</p>

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