M. Peschanski et A. Kahn : une « cathophobie pseudo-scientifique »

Publié le : 21 avril 2011

Dans Liberté Politique, Tugdual Derville, délégué général de l’Alliance pour les droits de la vie, propose un décryptage du "combat" pour l’autorisation de la recherche sur l’embryon de deux scientifiques : Axel Kahn et Marc Peschanski. Selon lui, ce sont eux qui, "avec des postures complémentaires, oscillant entre cathophobie et malhonnêteté intellectuelle" ont "le plus pesé dans le sens" du vote du Sénat.

Il note que Marc Peschanski est un "pionnier français de la recherche sur l’embryon" qui a trouvé au laboratoire I-Stem (financé par l’Association française contre les myopathies) un "paravent" à ses pratiques contestables : devant la souffrance des familles, il est difficile de s’opposer à ses recherches sans paraître inhumain. Face aux contestations publiques de certains de ses pairs, comme Alain Privat, Monique Adolphe ou Alexandra Henrion, qui affirment qu’il existe des solutions alternatives à la recherche sur l’embryon (cf. Synthèse de presse du 05/04/11), il préfère attaquer l’Eglise catholique plutôt que de répondre scientifiquement. Mais "est-il libre de faire machine arrière après tant de promesses, tant d’espoirs mis sur son nom, et aussi tant d’investissements financiers de l’AFM ?"

Tugdual Derville rappelle qu’en 2003, Marc Peschanski avait affirmé : "La science est l’activité sociale d’une communauté mondiale et, en ce sens, elle ne peut être freinée par l’expression de positions philosophiques, politiques, religieuses ou autres, que l’on regroupe sous le terme d’éthique". Une position qui l’avait conduit à s’allier au Pr sud-coréen Hwang dans son combat pour le clonage humain thérapeutique. Le Pr Hwang a été banni de la communauté scientifique après que l’on a découvert qu’il s’agissait d’un faussaire manipulateur (cf. Synthèse de presse du 26/09/09).

Axel Kahn, s’il adopte une approche plus "sinueuse", revendique lui aussi son combat pour l’autorisation de la recherche sur l’embryon, utilisant les "raisons religieuses" comme "masque obscurantiste qu’il pose volontiers (…) comme argument de principe décrédibilisant". Affichant une apparente volonté de dialogue avec l’Eglise catholique, ses conclusions sur les positions épiscopales manquent d’orthodoxie, affaiblissant la voix catholique en la divisant. "Il instille le doute chez nombre de fidèles déboussolés par ses passages médiatiques tandis que ses analyses sur l’influence de la religion sur les consciences visent les décideurs", note Tugdual Derville.

Son argumentation sur le statut de l’embryon humain est floue et passe sans transition d’une thèse à sa contradictoire. Il affirme ainsi en 2008 qu’il convient de "maintenir la fiction juridique selon laquelle on n’a pas existé avant d’être né". Puis il déclare que l’embryon humain "mérite d’être reconnu dans sa singularité" car " s’il se développe, l’embryon deviendra un être humain". Enfin, dans La Croix le 1er avril 2011, il change de raisons : "Même si je considère que l’embryon est une personne, ce n’est pas un argument pour ne pas faire de la recherche, vu que l’on en fait à tous les âges de la personne humaine". C’est faire l’impasse sur le fait que la recherche sur l’embryon détruit ce dernier. Quant à la personnalité de l’embryon humain, même l’Eglise catholique ne l’affirme pas.

 

Liberté Politique (Tugdual Derville) 20/04/11

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