Loi naturelle et bioéthique

Publié le : 10 mars 2009

Suite de l’ABC de la bioéthique de La Croix, "la loi naturelle, fondement de la morale chrétienne". "Ce concept fort ancien est remis en lumière par le pontificat de Benoît XVI, pour expliquer les positions de l’Eglise catholique en matière de morale, et notamment de bioéthique", introduit le quotidien. Devant la Commission théologique internationale, en décembre 2008, le pape insistait ainsi sur la nécessité de "créer dans la culture et dans la société civile et politique les conditions indispensables pour une pleine prise de conscience de la valeur incontournable de la loi morale naturelle".

Le moraliste canadien, Réal Tremblay, membre de l’Académie pontificale de théologie, explique que "la loi naturelle, c’est ce qui fait que l’homme est", "c’est quelque chose d’incontournable, de propre à l’homme, quelle que soit sa condition physique, mentale, sa naissance". D’après les mots de Benoît XVI, elle est "le message éthique inscrit dans l’être humain". Affaire de raison, elle n’est pas réservée à un regard de foi. Or, parmi ces lois inscrites dans la nature spirituelle et morale de l’homme, il y a le respect de la vie, de toute vie.

Le quotidien fait ensuite le point sur la position des autres religions.
Pour le protestantisme, le fondement de l’éthique se trouve dans l’Ecriture. Le primat de la conscience, l’intérêt des personnes et l’exigence de justice sociale caractérisent aussi l’éthique protestante. Les protestants en appellent donc à une éthique de la responsabilité.
La doctrine orthodoxe repose elle davantage sur les grands traités des Pères de l’Eglise. En bioéthique, ses positions reposent sur trois présupposés non négociables : l’absolue souveraineté de Dieu ; le modèle de la Trinité pour une responsabilité de tous envers chacun ; la tension eschatologique : toute décision à la vie doit être marquée par la vérité, la beauté et la perfection du Royaume de Dieu.
Pour le judaïsme, la Torah et les traités talmudiques posent des règles générales, comme l’interdit de l’avortement. Mais, si la vie de la mère est en danger elle prime sur celle de son enfant jusqu’à la naissance. L’embryon est en fait protégé in vivo mais ne l’est pas in vitro puisque, seul, il n’a pas le potentiel de devenir une personne.
L’islam n’a pas de position officielle sur la bioéthique. Le caractère sacré de la vie est toutefois un principe de base de l’islam. Mais, face à une question et en l’absence de réponse précise dans le Coran, les dits du Prophète ou la jurisprudence, chacun devra choisir en son âme et conscience.
Enfin, "le bouddhisme est traversé d’une dimension éthique qui repose sur la culture de la non-violence et de la bienveillance, sans oublier une motivation altruiste". Sans magistère et constitué de multiples écoles, il renvoie l’individu à sa propre responsabilité. "De grandes constantes éthiques peuvent néanmoins être esquissées, telles l’inviolabilité de toute vie humaine, qui est sacrée."

La Croix (Isabelle de Gaulmyn, Anne-Bénédicte Hoffner) 10/03/09

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