La reproduction sexuée : le meilleur système de la nature

Publié le : 22 janvier 2003

Dans le journal Le Monde, le professeur Luc Montagnier, membre de l’Académie des sciences, explique les raisons pour lesquelles il souhaite une interdiction du clonage reproductif  au nom de la future humanité. Notre patrimoine génétique est une expérience vieille de 3,5 milliards d’années, explique t-il, et ce n’est pas parce que nous "avons appris récemment un certain nombre de choses sur sa nature que nous devons faire sur lui des bricolages aux conséquences imprévisibles et incalculables !". La reproduction sexuée s’est imposée comme le meilleur moyen pour conserver ce patrimoine et permettre son évolution.Pour mieux comprendre le clonage, Luc Montagnier explique que l’ovule servant de matrice pour le clonage, même une fois dépourvu de son noyau, reste porteur de messages génétiques. Or , le patrimoine génétique du noyau que l’on insère dans cet ovule et qui est issu de cellules provenant de tissus différenciés va être à nouveau "lu" par le cytoplasme de l’ovule pour engendrer une nouvelle différenciation cellulaire. Remplacer le noyau de l’ovule par le noyau d’une cellule différenciée n’est sûrement pas sans conséquences sur le développement ultérieur de l’embryon. C’est comme si on remplaçait la partition d’un chef d’orchestre d’un ensemble symphonique par la partition d’un seul instrument. Aura t-on la même symphonie?  Cela explique le nombre important d’échecs dans ce type d’expériences.

Luc Montagnier rappelle que l’on ignore les effets à très long terme de telles opérations sur la descendance.

Il souhaite que l’on aboutisse à un consensus international en faveur de l’interdiction générale du clonage reproductif. Et si "le prix à payer pour l’obtenir est d’y ajouter l’interdiction au moins provisoire du clonage thérapeutique, alors il faut accepter ce prix".

Le Monde (Jean-Yves Nau) 22/01/03

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