Génome humain : 20 000 gènes…

Publié le : 25 octobre 2004

L‘International Human Genome Sequencing Consortium (IHGSC), regroupant plusieurs laboratoires à travers le monde, annonce* que le génome humain compterait 20 000 à 25 000 gènes. Un réel écart avec les 100 000 gènes avancés par la communauté scientifique internationale, avant l’annonce en février 2001 du séquençage du génome qui a permis d’évaluer à 30 000 le nombre de gènes (cf. revue de presse du 12/02/01).

Une meilleure technique de séquençage a permis aux chercheurs d’analyser les 10% d’ADN encore inaccessibles en 2001 et d’établir le rôle de copies non fonctionnelles ou de doublons de certains gènes supposés codant. Aujourd’hui, il reste 341 zones d’ADN, notamment situées au niveau des centromères des chromosomes, à séquencer.

Ces données montrent que la complexité d’un organisme ne dépend pas de la quantité de ses gènes codant. Selon ce critère, l’homme se situe entre le ver Caenorhabditis elegans (19 500 gènes) et la plante herbacée Arabidopsis thaliana (27 000 gènes).

Les biologistes et généticiens cherchent à mieux comprendre l’organisation de notre génome suivant la qualité de la régulation de l’expression des gènes et le phénomène de l’épissage qui fait q’un seul gène peut être responsable de la synthèse de plusieurs protéines différentes.

Les gènes codant représentent environ 5% de notre ADN ce qui signifie que 95 % de notre génome est formé de séquences qui semblent n’avoir aucune utilité et qu’on surnomme ADN "poubelle". La revue Nature relate les travaux d’une équipe américaine qui a créé des souris dépourvues d’une longue séquence de son ADN "poubelle". Les chercheurs expliquent que "les souris ainsi générées sont indistinctes de leurs homologues naturelles si l’on examine la morphologie, la capacité reproductive, la croissance, la longévité et toute une variété d’autres paramètres". Il semble donc que l’effacement d’une large part du génome n’ai pas engendré de réelles perturbations chez la souris, résultat étonnant d’après d’autres récentes recherches selon lesquelles le rôle de l’ADN "poubelle" est crucial notamment au cours de l’embryogenèse. Pour Christian Biémont (laboratoire de biologie évolutive, UMR 5558) : "il est possible qu’il existe des redondances d’information dans l’ADN. Si l’on en enlève une petite partie, une autre pourrait prendre sa place et cela expliquerait l’absence de conséquences".

* revue Nature du 21 octobre 2004, consultez en ligne l’article Human genome: End of the beginning, Nature 431, 915 – 916

Le Monde (Jean-Yves Nau, Stéphane Foucart) 23/10/04

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