François Sureau : « Nous n’avons plus de représentation de nous-même que sous l’aspect de l’être vivant qu’il faut protéger »

Publié le : 11 juin 2020

Interrogé au sujet de la crise COVID, François Sureau, avocat et écrivain, estime que « nous avons perdu de vue ce qu’est la liberté ». Il explique : « Pour des raisons mystérieuses, nous avons accepté de n’être plus ni des personnes politiques, soucieuses de leurs droits, ni des personnes humaines, soucieuses de leur travail, mais de simples êtres vivants. La vie est devenue notre seule valeur, au détriment de la dignité du citoyen, de la destinée spirituelle de la personne ». Il déplore que nous n’ayons « plus de représentation de nous-même que sous l’aspect de l’être vivant qu’il faut protéger. C’est tout à fait nouveau, et inquiétant car il n’y a pas de progrès possible, pas de dignité de l’homme si l’on ne sort pas de la sphère du bíos, du vivant ».

 

Il s’inquiète que nous ayons « trouvé normal d’abandonner définitivement les vieux ». Il précise : « Nous avions déjà franchi une étape en les mettant dans des maisons spécialisées au lieu de les garder avec nous, et là un deuxième pas a été franchi en les laissant mourir tout seuls ».

 

A propos de la mise en place de l’application StopCovid, il considère que nous avons fait « un pas de plus vers la société de la délation ». Et il dénonce : « en prétendant faire notre bien, l’État se dote de dispositifs lui permettant de poursuivre ses propres fins, et pas les nôtres ».

 

<p>Le Pèlerin, François-Xavier Maigre et Agnès Chareton (11/06/2020)</p> <p>Photo : <span class="attribution_field hide-sm hide-md"><span>Tekwa Ouzani de Pixabay</span></span></p>

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