FIV à trois parents ou la « mentalité eugéniste » de nos sociétés

Publié le : 9 février 2015

Interviewé par l’hebdomadaire Famille Chrétienne, Pierre-Olivier Arduin, directeur de la commission bioéthique de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon, explique les dangers de la FIV à trois parents en cours de légalisation en Grande-Bretagne (cf. synthèse bioéthique du 4 février 2015).

 

Une technique issue d’une culture eugéniste et d’une idéologie transhumaniste installées dans nos sociétés. Il explique que la technique qui consiste à concevoir un embryon avec l’ADN de trois parents est certes « révolutionnaire » puisqu’elle franchit « une nouvelle  limite dans l’atteinte à la dignité humaine » et qu’elle « constitue une expérimentation en direct sur l’homme sans que les chercheurs aient la moindre idée des conséquences biologiques de leurs manipulations sur l’enfant qui pourrait en résulter ». Cependant, poursuit-il, la FIV à trois parents est avant tout « une étape dans la logique d’instrumentalisation et d’eugénisme déjà en germe dans la Fécondation in Vitro« . 

 

En effet, « la FIV établit un rapport de domination entre les sujets producteurs [les parents] et l’objet produit, l’enfant à naître« . La fabrication d’enfant exempt de maladie, est donc déjà inscrite dans notre législation, dans notre culture, insiste-t-il. C’est d’ailleurs, « cette culture eugéniste [qui est] en avance sur nos techniques […]. Si bien que le moindre progrès en la matière est très rapidement approuvé tant nos esprits sont prêts à l’accepter« . Finalement, cette technique « peaufine le raffinement eugénique en attendant de créer un être humain sans défaut ».    

 

Les solutions à cette culture eugéniste, PO. Arduin en voit plusieurs : la prise en charge, l’accompagnement, le soin, les progrès thérapeutiques, le souci du plus faible. Mais surtout conclut-il, la formation. « Il y a un vrai travail de formation à faire, d’éclairage des consciences dans nos milieux ». Il s’agit là d’un « défi éducatif » qui devrait passer par l’enseignement de l’éthique dans les établissements scolaires, ou par la formation des étudiants en médecine et sages-femmes. Il pense, par exemple, à la création d’une Université libre en France exclusivement dédiée à la formation des professionnels de santé. Pour lui, il est très clair que « nous avons besoin de nouveaux professeurs Lejeune ! »      

<p>famillechretienne.fr (Olivia de Fournas) 07/02/2015</p>

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