Fin de vie : une convention manipulée ?

3 Mar, 2023

Après la publication des votes, une quarantaine de citoyens représentant environ un quart des participants, ont adressé une lettre au comité de gouvernance de la Convention citoyenne et à sa présidente Claire Thoury pour exprimer leur regret et leurs inquiétudes face à un « manque d’équilibre » et à un risque de « manipulation » (cf. Convention citoyenne : un week-end clef pour la fin de vie en France ?).

Des résultats manipulés ? 

« Cela a été très dur d’entendre dans les médias que les citoyens avaient tranché sur l’aide active à mourir alors que les travaux ne sont pas terminés. On se retrouve à porter le poids de la responsabilité d’un changement de la loi mais ce n’est pas le travail qu’on nous a confié » explique un participant.

En effet, ces résultats provisoires sont « à prendre avec beaucoup de précautions » en raison des maladresses et des « erreurs de vote ». « Il s’agissait d’un vote sur les idées et non sur l’écriture précise de propositions. Les questions ont pu évoluer pendant la session, pouvant entraîner de la confusion parfois, mais cela n’enlève en rien la valeur et la solidité de nos travaux » écrivent-ils.

L’omission des soins palliatifs

Ils reprochent aussi l’omission des discussions sur les soins palliatifs auxquels ils ont accordé « autant d’importance qu’à l’aide médicale à mourir » demandant même l’organisation d’une visite dans un centre de soins palliatifs et l’audition de l’avocat et essayiste Erwan Le Morhedec (cf.  « La fin de vie n’est pas avant tout un sujet de liberté individuelle mais de solidarité collective »). Deux demandes qui ont été refusées par le comité de gouvernance (cf. Convention citoyenne : un parti pris qui ne se cache pas).

Les débats et les délibérations leur semblent orientés vers « un changement de la loi à tout prix » malgré leurs travaux sur l’amélioration de la loi actuelle et leur intérêt pour les soins palliatifs (cf. Convention citoyenne : l’« aide active à mourir » monopolise le programme). « Le compte rendu médiatique qui a été fait jusqu’ici de ces débats ne restitue pas toute l’importance accordée à cette dimension de la question » d’après un membre du collège des garants, le professeur Bernard Reber, directeur de recherche au CNRS. Pour y remédier, ils demandent la publication, par le comité de gouvernance, d’un communiqué de presse permettant de rectifier l’approche des travaux de la Convention.

Le mécontentement de certains membres de la convention avait déjà été remarqué lors du vote à l’issue de la troisième session (cf. Convention citoyenne : début (et fin ?) de la délibération). Un incident qui mettait « en jeu les principes de sincérité, de transparence et de respect de la parole des citoyens ».

Ce week-end, de nouveaux votes sont prévus notamment sur les modalités d’une éventuelle « aide active à mourir ». Les participants doivent être consultés pour leur organisation.

 

Source : Le Figaro, Paul Sugy et Agnès Leclair (03/03/2023)

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