Faut-il autoriser la castration physique ?

Publié le 26 Oct, 2009

L’ouverture du procès de Francis Evrard, qui comparaît pour le viol du petit Enis en août 2007, ouvre un débat sur l’autorisation de la castration physique. Ce violeur récidiviste a en effet demandé au Président de la République de pouvoir faire l’objet d’une telle opération, aujourd’hui interdite par la loi française car "contraire à la dignité humaine".

Dans une interview accordée au Figaro à l’occasion de la soumission au Parlement de la loi sur la récidive, Michèle Alliot-Marie a estimé que cela "méritait une analyse et qu’aujourd’hui la question de la castration physique peut se poser et être débattue, y compris au Parlement".

Le philosophe André Comte-Sponville, qui a déclaré à La Croix qu’il était "très étonné que l’on puisse, ne serait-ce qu’un instant, l’envisager". De fait, alors que la castration chimique est un traitement hormonal parfaitement réversible, la castration physique est une ablation des testicules, par définition parfaitement irréversible. Il s’agit donc là d’une atteinte "très grave à l’intégrité physique" et à "l’identité de ‘l’individu". A la question de savoir si cette castration ne pourrait pas être acceptable dans la mesure où elle est réclamée par l’individu lui-même, il répond que "l’Etat n’a pas à répondre aux exigences de chacun, et notamment à celles qui portent gravement atteinte à la vie ou même à l’intégrité du corps". C’est pour lui la même logique que celle qui fait interdire le suicide assisté en France : "autant il existe un droit au suicide que nous ne pouvons contester, autant nous nous refusons, aujourd’hui en tout cas, à ce que l’Etat pratique le suicide assisté".

Il précise également qu’il ne s’agit pas pour le législateur de juger les pratiques selon leur simple efficacité sociale, mais également à travers le prisme de principes moraux intangibles : "A nous de nous demander si nous souhaitons adopter des mesures socialement efficaces, quand bien même elles se révèlent par ailleurs moralement inacceptables". Le Pr Florence Thibaut, psychiatre à l’hôpital de Rouen, notait d’ailleurs sur Europe 1 vendredi 23 octobre 2009 que l’efficacité de la castration physique était exactement identique à celle de la castration chimique.

Aujourd’hui la castration physique est autorisée dans deux situations en France : l’existence de "lésions sérieuses de l’appareil génital" et la volonté affirmée de changer de sexe.

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