Débat autour de la gestation pour autrui

Publié le : 18 février 2010

Le débat sur la légalisation des mères porteuses ou gestation pour autrui (GPA) revient sur le devant de la scène à l’occasion du passage du couple Mennesson – dont les deux jumelles sont nées d’une mère porteuse aux Etats-Unis – devant la Cour  d’appel de Paris aujourd’hui jeudi 18 février 2010. Dominique et Sylvie Mennesson veulent faire reconnaître l’état civil de leurs filles (Cf. Synthèse de presse du 18/12/08 ). Le Parquet voulant "faire annuler la filiation et la transcription sur l’état civil français", Nathalie Boudjerada, l’avocate du couple compte demander un sursis puisque deux propositions de lois identiques, l’une venant de la droite, l’autre de la gauche ont été déposées au Sénat : celles-ci prévoient entre autres "la régularisation a posteriori des enfants nés par GPA à l’étranger".

La gestation pour autrui fait actuellement l’objet d’un débat au PS. Pour le député Patrick Bloche, "une ‘dynamique générationnelle’ est à l’oeuvre" au sein du parti, et des avancées se font pour les partisans de la légalisation de la GPA. Ancien artisan du Pacs, il est, avec Serge Blisko, parmi les députés favorables à la GPA et pour l’homoparentalité. Bertrand Monthubert, secrétaire national à la recherche au parti socialiste revendique le " ‘pragmatisme’ : si on ne fait rien, ‘on laisse les enfants nés par GPA à l’étranger dans un no man’s land juridique‘ ". Gilles Bon-Maury, président d’Homosexualité et Socialisme milite aussi pour la GPA et "préside un groupe de travail sur les nouvelles familles". Au Sénat également, les partisans de la GPA se manifestent : la socialiste Michèle André, ex-secrétaire d’état aux droits des femmes du gouvernement Rocard a réuni une quarantaine de sénateurs, dont Robert Badinter et Jean-Pierre Bel, "autour d’une proposition de loi ‘tendant à autoriser et encadrer la gestation pour autrui‘ ". La fondation Terra Nova s’est aussi prononcée vendredi 12 février 2010 pour la GPA (Cf. Synthèse de presse du 12/02/10).

Le débat est toutefois tumultueux et "passionnel" au sein du PS. La philosophe Sylviane Agacinski s’est vivement opposée à la GPA dans son livre "Corps en miettes" (Cf. Synthèse de presse du 11/05/09). Certaines féministes du parti sont également très réticentes et "craignent une marchandisation du corps de la femme. […] Elles s’appuient avec bonheur sur la démonstration virulente mais brillante de Sylviane  Agacinski pour qui ‘les trois petites lettres GPA sont sans doute rassurantes, mais elles constituent une mystification et maquillent une forme inédite de servitude et d’abaissement des femmes’ ".

Libération (Charlotte Rotman) 18/02/10  - Le Quotidien du Médecin 23/02/10 - Elle.fr 19/02/10

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