Contraception à l’école : « le désintérêt des lycéens »

Publié le : 26 octobre 2011

Selon un rapport récent de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), les jeunes ont des difficultés à accéder à la contraception. Bien que le conseil régional d’Île-de-France dise "ne pas être en mesure de faire un bilan de l’opération", le "pass contraception", qui visait à pallier ces difficultés, a pourtant "fait un flop" dans les collègues de la capitale. Selon Le Monde, les jeunes interrogés s’orienteraient plus facilement vers les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) du secteur. Ce "désintérêt des lycéens" n’étonne pas, "compte tenu du nombre de centres de planification parisiens", affirme Marika Jelabi-Schmitt, infirmière au lycée Claude-Monet.

Malgré un accès simplifié à l’information avec Internet et la télévision, la sexualité et la contraception resteraient des sujets gênant à aborder en famille ou dans le cadre scolaire. Lors de la Journée mondiale de la contraception, le 26 septembre dernier, le Planning familial a déclaré que le "manque d’informations, les difficultés d’accès, les coûts et les idées reçues restent des freins majeurs à la maîtrise de la fécondité" et que "la sexualité, dans notre société, est toujours taboue". Certains voudraient que les enfants soient informés de ces questions dès l’école primaire.

Pour Marie-Laure Bazile, conseillère conjugale et familiale, les jeunes filles ont surtout besoin aujourd’hui d’"être rassurées". Elles "ont les mêmes craintes, les mêmes problèmes qu’il y a vingt ans, mais amplifiés par Internet et la pornographie". En 20 ans, l’âge moyen du premier rapport en France n’a pas évolué, étant de 17.6 pour les filles et de 17.2 pour les garçons.

Suite à un rapport sur la contraception des moins de 18 ans remis en mai 2011, la députée Bérengère Poletti s’était prononcée pour un accès anonyme et gratuit en France (Cf. Synthèse de presse du 18/05/11). Une proposition de loi sera déposée en novembre 2011. Le Monde estime que cette loi permettrait de faire baisser le taux d’IVG. En France, selon le dernier rapport de la direction de la recherche des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), ce taux s’est stabilisé après une hausse en 2008. Pour la gynécologue Martine Hatchuel, cette augmentation serait liée à une tendance actuelle à "vouloir laisser faire la nature".

Le Monde (Sylvie Kerviel) 25/10/11

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