Belgique : Une proposition de loi pour extraire l’avortement du Code pénal

Publié le : 15 juin 2016

En Belgique, une proposition de loi visant à « étendre le délai légal de l’avortement et à extraire totalement celui-ci du Code pénal » sera débattue à la Chambre jeudi. Ce projet a été déposé par trois députées socialistes, Laurette Onkelinx, Karine Lalieux et Fabienne Winkel.

 

Paul Forget, président du comité belge de la Marche pour la vie, réagit. Pour lui, ce projet est « bien peu en phase avec les préoccupations des Belges, ni même avec la réalité des faits ».

 

Pour les députées à l’origine du projet, « il n’y a pas eu d’explosions d’IVG depuis 26 ans ». Pourtant, les chiffres de l’avortement augmentent, passant de 10 000 avortements en 1993 à 21 500 en 2013. L’augmentation serait de 4% par an. De même, l’idée « selon laquelle inciter toujours plus à la consommation de contraceptifs permettra d’éviter l’avortement est largement démentie par les faits : jamais on n’en a consommé autant ; jamais il n’y a eu autant d’avortements ». Près des deux tiers des femmes qui ont recours à l’IVG utilisaient un moyen de contraception.

 

Laurette Onkelinx le reconnait, « l’avortement laisse souvent des séquelles ». Aussi, « ne conviendrait-il pas d’essayer d’en faire baisser le recours ?», interroge Paul Forget. Pourquoi proposer d’élargir le cadre, alors que le Conseil de la jeunesse rappelait récemment que l’ « IVG ne peut être réduite à la disposition par la femme de son propre corps, parce que sans remettre en cause l’idée que la femme est concernée par sa grossesse, le bon sens rappelait à ces jeunes qu’il fallait aussi tenir compte de l’enfant » ?

 

La Commission fédérale d’évaluation de la loi constatait par ailleurs que « le choix de l’IVG est souvent dicté par une précarité sociale, économique ou une pression culturelle. Si elles en avaient eu la possibilité, les femmes auraient mené leur grossesse à terme ». Paul Forget pointe alors le fait que « la prolongation du délai (…) ne coûte que peu d’efforts ». Pourquoi la Belgique ne proposerait-elle pas plutôt courageusement des solutions qui existent ? Aides aux mères désireuses de garder leur enfant, simplification des procédures d’adoption, accouchement sous X, responsabilisation des pères…

 

« Personne n’avorte de gaieté de cœur », rappelle-t-il. « Ayons l’audace de commencer à proposer de meilleures alternatives, afin que réclamer le libre choix des femmes ne demeure pas le slogan vain qu’il est devenu aujourd’hui ».

<p>Le Vif (14/06/2016)</p>

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