Asie : ”quand les femmes sont la cible d’eugénisme”

Publié le 13 Déc, 2006

Dans le journal La Croix, Danièle Moyse, professeur de philosophie et chercheur associée au Centre d’études des mouvements sociaux (CNRS/EHESS) s’insurge devant l’absence de réactions après la diffusion sur Arte du documentaire "La Malédiction de naître fille" dans lequel est mentionné la suppression de 100 millions d’enfants à naitre ou de bébés filles en Inde, Pakistan et Chine. "Cette élimination massive, perpétrée par des mères tuant leur enfant de leurs propres mains à la naissance, sous la pression de familles prêtes à les exclure ou à les maltraiter quand elles ne le font pas, devient-elle "moins grave" sous prétexte qu’à la violence du meurtre peut désormais se substituer dans bien des cas la "moindre" violence de la sélection prénatale, rendue possible par l’échographie ? Cela ne reviendrait-il pas à affirmer que la sélection des vies par le nazisme aurait été plus acceptable si elle avait été plus discrète ? ".

Comme le nazisme, cette élimination massive suppose que "certaines vies" sont "sans valeur pour la vie", fait passer "l’évaluation" pour de la "science" et plus particulièrement de la médecine, prend "en ligne de mire des catégories particulières d’êtres humains, invoque des motifs compassionnels, pour justifier l’élimination des "incurables".

Danièle Moyse souligne l’impasse dramatique dans laquelle ces femmes se trouvent : "c’est la participation des femmes, elles-mêmes déjà victimes, à la suppression de leurs semblables qui conditionne dans tous les cas, la possibilité de la sélection des naissances en Asie !".

Dénonçant l’immobilisme ambiant dans lequel nous nous trouvons, elle poursuit : "Que nous faut-il de plus pour que, après un tel documentaire, nous dénoncions cette forme contemporaine de l’eugénisme avec une virulence telle qu’elle permette au moins d’en reconnaître la terrible actualité et l’extrême gravité? (…)

"Ne devons-nous donc pas nous inquiéter du fait que la sélection des naissances peut désormais se passer de toute planification politique et, avec cet exemple sous les yeux, pourrons-nous continuer de penser que l’eugénisme "privé" ou "familial" est légitime sous prétexte qu’il émane des individus ?".

Et Danièle Moyse de conclure : "N’est-ce pas oublier que tout individu vit dans un contexte social et culturel qui peut l’amener à faire des "choix" éthiquement irrecevables ?".

La Croix 12/12/06

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