Aide à mourir au Québec : des médecins objectent

Publié le 13 Nov, 2016

Au Québec, les résultats d’une première étude qualitative réalisée dans deux unités de soins palliatifs entre janvier et août 2016, montre que « bien des zones grises subsistent dans la manière de traiter les demandes d’aide à mourir ».

 

Des médecins ont exprimé leur malaise quand ils sont impliqués dans les demandes d’aides à mourir. Et « même s’ils ne veulent pas être impliqués (…), certains sont appelés à évaluer l’état du patient quand une demande est faite, car l’avis du médecin traitant aide à valider la demande », comme le souligne Emmanuelle Bélanger, chercheuse de l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal (IRSPUM).

 

Un médecin explique : « Quand la demande est survenue, j’offrais d’explorer les raisons, la détresse existentielle et spirituelle […], ce qui est une partie de mon travail. Le patient m’a en quelque sorte fait taire et ne voulait pas explorer cette avenue. Il ne voulait pas explorer ce qui le poussait à demander l’euthanasie. Nous avons été affligés par cela ».

 

Des médecins ont choisi l’objection de conscience. En l’absence de statistiques fiables, il est difficile d’évaluer leur nombre. L’étude montre que les motifs invoqués sont rarement religieux. « Les médecins ont plutôt la conviction que l’accès à de bons soins palliatifs pourrait remédier aux souffrances des patients qui optent pour l’aide à mourir. Plusieurs craignent qu’offrir l’aide à mourir dans leur unité mette en péril la tranquillité d’esprit des autres patients ». 

Le Devoir (11/11/2016)

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