Va-t-on « animaliser » l’embryon ?

Publié le : 16 janvier 2006

Alors que le professeur Claude Sureau, ancien président de l’Académie nationale de médecine et membre du Comité consultatif national d’éthique, vient de publier « 

Son nom est personne. Avant de naître, l’enfant est-il une chose, un amas de cellules, ou un patient ? » (cf revue de presse du 03/11/05), Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, dénonce « le piège des propositions » faites dans cet ouvrage. Se basant sur la fable de La Fontaine, l’âne vêtu de la peau du lion, il dénonce l’attitude du Pr Sureau qui, sous couvert d’arguments pertinents, « avance masqué » et propose des solutions perverses.

Sur l’affaire des fœtus morts découverts à l’hôpital Saint Vincent de Paul, Claude Sureau dans son livre se déclare choqué surtout par la désinvolture qui touche les fœtus et les embryons vivants. Naturellement, on ne peut qu’approuver de tels propos. De même, il feint la compassion pour les parents confrontés à l’homicide involontaire du fœtus et qui sont sans possibilité d’en poursuivre l’auteur. Enfin, il s’indigne d’une décision de justice qui ne reconnaît ni la mort de personnes humaines, ni la destruction d’objets, pour des parents qui ont perdu des embryons congelés à la suite d’une panne d’électricité. Fort de ces arguments, le lecteur ne peut qu’approuver les propos du Pr Sureau.

Or tout s’effondre un peu plus loin quand le Pr Sureau approuve le clonage thérapeutique en  « faisant semblant de croire que les embryons ainsi obtenus ont moins de valeur que ceux conçus avec ovule et spermatozoïde » dénonce Jean-Marie Le Méné. Et comme la loi française  autorise la recherche sur les embryons surnuméraires qui « sont indiscutablement des embryons humains » , à plus forte raison doit-elle autoriser le clonage. (CQFD !)

Or, Jean Marie Le Méné rappelle que le Pr Sureau fut un des militants de la recherche sur les embryons congelés lors de l’examen de la loi de bioéthique de 2004.

Dans son ouvrage, le Pr Sureau « se croit obligé de faire des génuflexions courtisanesques » devant la loi Veil qu’il qualifie de « loi bénéfique pour la santé publique ». Comment  peut-on ensuite adhérer à ses arguments par lesquels il souhaite donner un statut protecteur à l’enfant à naître, interroge Jean-Marie Le Méné.

Enfin dans un dernier chapitre intitulé « le paradoxe du petit chien », Claude Sureau « en arrive à la révélation stupéfiante » qu’il faut donner à l’embryon humain le statut d’animal. Or depuis le droit romain, il existe deux catégories : les personnes que l’on doit respecter et les choses dont on peut disposer, rappelle Jean-Marie Le Méné. Celui-ci s’étonne donc de cette nouvelle catégorie…. « de ratons laveurs dont nous ferions tous partie dans notre extrême jeunesse ! ». Il met en garde ceux qui défendent la vie de tels propos qui, sous couvert de donner un nouveau statut à l’embryon, conduisent à lui donner un statut « infra humain ». Il considère que cette proposition du Pr Sureau est doublement suspecte car le statut d’animal protègerait encore moins l’embryon que le statut d’être humain et qu’une loi dans ce sens permettrait de « justifier une complète disponibilité de l’embryon, voire l’autorisation de créer des embryons par clonage ».

En conclusion, Jean-Marie Le Méné s’interroge : « finalement, est-ce que le statut que l’on décerne à l’enfant à naître ne renseigne pas mieux sur celui qui le propose, qu’il soit lion, âne ou chien, que sur celui qui le reçoit ? »

Libertepolitique.com (Jean-Marie Le Méné) 13/01/06

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