Futurs bébés clones ?

Publié le 29 Jan, 2001

Spécialiste de la fertilité e Dr Antinori a annoncé sa décision de pratiquer le clonage reproductif pour les couples qui n’ont aucun autre moyen d’avoir des enfants dès 2002. Il prélèvera des cellules sur le corps d’un homme et le matériel génétique de ces cellules sera « uni » avec un ovule humain. Il a déclaré qu’il disposait déjà de 10 couples candidats. Il souhaite former une coalition internationale de chercheurs pour lancer ce type de clonage. Il semble stimulé par un projet concurrent de Richard Seed, qui n’est pas médecin mais physicien. A l’université de Pennsylvanie où existe un centre de bioéthique, le Dr David Magnus n’hésite pas à dénoncer ce projet : « En admettant même que nous mettions de côté les considérations éthiques, il demeurerait que nos connaissances en matière de clonage ne sont pas suffisantes pour que nous nous lancions déjà dans le clonage humain. »

 

Le Dr  Antinori annonce qu’il souhaite mettre en œuvre son projet dans « un pays européen » où cette pratique n’est pas interdite. Le professeur Axel Kahn rappelle qu’en la matière le vide juridique dans certains pays européens ne devrait pas durer et que les votes du Conseil de l’Europe et du parlement européen devraient dissuader ces pays membres à autoriser le clonage reproductif.

 

Par ailleurs, revenant sur la technique même des chercheurs Antinori et Zavos, Axel Kahn tempère en expliquant « qu’il y a toutes les raisons de penser qu’ils ne sont pas capables de faire ce qu’ils disent ». Bernard Jegou, de l’Inserm, reprend : « peut être s’agit-il d’un coup de bluff. De toutes façons qu’il tente l’expérience ou pas, ils rempliront leurs cliniques. C’est l’argent qui les motive ». De son côté Claude Sureau, président de l’académie de médecine, rappelle qu’ « il faut plusieurs centaines d’essais pour un succès, et sur les rares embryons qui se développent jusqu’au terme, la moitié meurt rapidement ». Il souligne également les risques médical et psychologique d’une telle pratique : « imaginez la mère qui donne le sein à son fils, copie conforme de son père, on est pas loin de l’inceste » ce que le généticien Jean – François Mattei juge de pratique révoltante.

Le Quotidien du Médecin 29/01/01 Le Figaro 30/01/01 Libération 31/01/01

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