Vincent Lambert : nombreuses réactions suite à la décision du Conseil d’Etat

Publié le : 25 juin 2014

Après la décision du Conseil d’Etat, qui s’est prononcé pour l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert, suivant l’avis du rapporteur public, plusieurs associations ont fait part de leurs réactions.

 

L’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens, partie civile du procès, a fait part de sa « grande inquiétude » compte tenu du fait que 1 700 patients sont dans le cas de Vincent Lambert. Elle craint donc pour leurs vies.

 

L’Association française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) souligne « que lorsqu’un médecin arrête une alimentation ou une hydratation artificielle, pour respecter la volonté du malade de refuser tout acharnement thérapeutique, il n’effectue pas un geste d’euthanasie. II se résout à la fin de vie et il l’accompagne en s’assurant que le malade ne souffre pas ».

 

L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) a indiqué que le Conseil d’Etat s’était prononcé « en faveur de la délivrance de Vincent Lambert, mais dans des conditions qui restent cruelles, par l’application d’une loi hypocrite et inhumaine ». « Vincent Lambert, sédaté, va donc mourir de dénutrition et de déshydratation. Espérons, dans un souci d’humanité, que cela ne sera pas trop long et trop pesant pour lui et pour ceux qui l’aiment ».

 

L’Alliance Vita, avait appelé mardi à un happening contre l’euthanasie, quelques heures avant la décision du Conseil d’Etat, où se sont réunies plusieurs centaines de personnes déguisées en pierrot avec des pancartes « Non à l’euthanasie des vieux » ou « l’urgence est à la solidarité ». Elle a déclaré : « nous ne pouvons pas laisser croire qu’il y aurait des vies indignes d’être vécues ou respectées, des patients dont il faudrait cesser de prendre soin ». « La décision d’entamer un protocole de mort constitue bien l’euthanasie d’une personne qui n’est pas en fin de vie, une entorse à l’interdit de tuer, fondateur du vivre ensemble et de la confiance entre soignants et soignés ».

 

Les Associations familiales catholiques (AFC) considèrent de leur côté qu’une « telle décision remet gravement et profondément en cause l’humanité de notre société et altère durement la confiance que les Français pourraient avoir dans la justice, dont ils attendent qu’elle les protège quel que soit leur état de santé ».

 

Pour la Fondation Jérôme Lejeune,« le Conseil d’Etat aurait pu essayer de sauver la vie de Vincent Lambert. II ne l’a pas fait mais a condamné une personne vivante, handicapée par un accident, à une mort délivrée par la médecine ». « Puisqu’il faut dorénavant le rappeler, la Fondation Jérôme Lejeune précise que donner la mort à une personne suppose qu’elle soit vivante. Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Il vit. La société n’a que le devoir de l’aider, lui et sa famille, pas de le condamner arbitrairement parce que sa vie ne mériterait pas d’être vécue »

 

Le député (UMP) Leonetti, qui vient d’être missionné, avec le député Claeys (PS) pour réformer sa loi de 2005 sur la fin de vie, refuse de voir « la validation d’un acte euthanasique » dans la décision du Conseil d’Etat mais y voit plutôt le « refus de l’acharnement thérapeutique ».

 

Lundi, les parents de Vincent Lambert ont saisi en urgence la Cour Européenne des Droits de l’Homme (Cf. Synthèse Gènéthique du 25 juin 2014)

<p>Le Figaro (Delphine de Mallevoüe) 25/06/2014 - Le Généraliste 24/06/2014 - AFP 24/06/2014 </p>

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