Le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne vient de rendre aujourd’hui sa décision sur l’affaire Vincent Lambert. Le CHU de Reims avait à nouveau arrêté l’alimentation et l’hydratation de leur patient (Synthèse Gènéthique 14 janvier 2014) au motif que Vincent Lambert aurait montré “des comportements d’opposition aux soins”.
Les neuf juges du tribunal ont suivi les conclusions du rapporteur public, lequel avait requis qu’“une atteinte grave et manifestement illégale au droit fondamental à la vie” (L521-2 du code de justice administrative) avait été commise. Le rapporteur public avait “préconisé le maintien de l’alimentation et l’hydratation du malade tétraplégique, estimant ‘que le patient est dans un état irréversible mais que sa conscience existe et qu’il est impossible de juger du sens de sa vie’.” Le tribunal a estimé que “c’est à tort que le CHU de Reims avait considéré que M. Lambert pouvait être regardé comme ayant manifesté sa volonté d’interrompre ce traitement.” Et que la poursuite de son alimentation n’était “ni inutile, ni disproportionnée et n’avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie”.
Pour l’avocat des parents de Vincent Lambert, Me Triomphe, “Vincent est handicapé, il n’est pas atteint d’une maladie incurable, il n’est pas en fin de vie, sauf si on lui retire son alimentation et son hydratation”.
Le CHU de Reims devrait bientôt s’exprimer pour dire s’il compte saisir le Conseil d’Etat ou s’en remettre à l’ordonnance du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.
Le Nouvel Observateur 16/01/2014 – Le Figaro (Delphine de Mallevoüe) 13/01/2014 – La Croix 16/01/2014