Va t-on bientôt choisir le sexe de son enfant ?

Publié le : 7 novembre 2001

3 cliniques anglaises viennent de profiter d’un vide juridique pour proposer à des couples qui souhaitent choisir le sexe de leur enfant, d’avoir recours à une pratique appelée « typage du sperme » moyennant une somme de 35 000 FF. Cette technique, lancée en 1998 aux Etats-Unis, consiste à sélectionner uniquement les spermatozoïdes porteurs du chromosome X si le couple veut un garçon et Y dans le cas contraire. Certains médecins s’inquiètent des conséquences pour l’enfant à naître mais les auteurs de ces expériences revendiquent un succès dans 94% des cas.

En France, les experts assurent que ces pratiques n’ont pas cours. « Je suis fortement hostile à ces pratiques. Si l’on cède sur ce point, cela voudra dire que l’enfant est devenu un produit » commente le professeur Israël Nisand. En France, ce sont les parents porteurs d’une maladie grave, transmise héréditairement soit au garçon, soit à la fille qui sont autorisés à choisir le sexe de leur enfant, rappelle le biologiste Guy Cassuto qui dirige un laboratoire spécialisé dans la Fécondation In Vitro. On pratique alors un diagnostic pré-implantatoire (DPI) pour sélectionner les embryons à réimplanter. 

Cette nouvelle fait suite aux récentes informations concernant les pratiques chinoises sur la sélection du sexe de l’enfant à naître. A ce propos, Jacques Testart, directeur de recherche à l’INSERM, pousse un cri d’alarme sur « l’utilisation criminelle de l’échographie » en Chine. Cette technique qui permet de suivre la croissance et le développement d’un fœtus et de détecter d’éventuelles malformations est utilisée en réalité en Chine pour « supprimer les filles ». La politique de l’enfant unique entraîne en effet un nombre important d’avortements, de stérilisations forcées, d’infanticides de bébés filles et d’abandons de fillettes. Rappelons qu’en Chine, l’échographie est aussi un outil permettant de détecter des handicaps. En effet, la loi chinoise interdit la naissance d’enfants porteurs d’une malformation physique ou mentale.

<p>Le Parisien 06/11/01 – Cybersciences.com 05/11/01</p>

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