Une lettre ouverte pour rejeter l’euthanasie

Publié le : 6 juin 2013

 Dans un avis rendu public le 14 février dernier, le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) s’est dit favorable à la « sédation terminale » (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 15 février 2013). Réagissant à ce dernier, 55 médecins du département de Saône-et-Loire ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils font part de leur « incompréhension« . Ils interpellent le Cnom : « vous envisagez la possibilité d’une sédation, adaptée, profonde et terminale dans certaines situations exceptionnelles […]. Vous précisez que cette sédation pourrait être envisagée par un collège, mais aussi que l’interdit fondamental de donner délibérément la mort à autrui ne saurait être transgressé par un médecin agissant seul. C’est donc bien l’euthanasie ou le suicide assisté par décision collégiale que vous évoquez« . Les praticiens de Saône-et-loire s’interrogent: « Pourquoi l’interdit de donner délibérément la mort à autrui par un médecin seul deviendrait licite quand la décision serait prise par un collège de personne?« .

 

Dans cette lettre ouverte, les médecins se disent « ébranlés » et souhaitent réaffirmer deux choses: d’une part « [leur] devoir d’humanité« , c’est-à-dire: « accompagner nos patients et leurs familles sans vouloir transgresser cet interdit de tuer. […] Le seul moyen de respecter [la dignité de ceux-ci] et de respecter notre éthique médicale est de faire ce choix unique des soins palliatifs« . D’autre part, « [leur] désir d’être fidèle à [leur] serment » : « Chaque médecin […] promet de ne jamais provoquer la mort délibérément« .

 

Enfin, ils tiennent à rappeler leur expérience: « la majorité des demandes d’euthanasie proviennent des familles et pas des patients eux-mêmes. Ce que veulent les gens, c’est ne pas souffrir, pas qu’on les tue« . Et d’ajouter: « Nous, médecins, nous avons donné notre vie pour nos patients. ce sont des personnes importantes à qui on prend le temps de parler et donner sens à leur vie. L’expérience montre que si le malade a du soutien, s’il a pu donner sens à sa vie, il peut aller jusqu’au bout« .

<p> lejsl.com 05/06/2013</p>

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