Une intelligence artificielle crée des séquences d’ADN humain artificielles

Publié le : 15 février 2021

Une équipe de généticiens européens a mis au point une intelligence artificielle capable de « créer des séquences entières d’ADN humain », longues de plusieurs millions de paires de bases. Ces séquences sont « entièrement artificielles », c’est-à-dire totalement inventées, mais « impossibles à distinguer de séquences ADN issues de donneurs réels ». Les chercheurs, dont les travaux sont publiés dans la revue PLoS Genetics, ont utilisé le principe des « réseaux neuronaux génératifs » avec des données génétiques. Ils ont montré à ce réseau des séquences d’ADN de 2500 personnes. Le système devait ensuite « générer des séquences aux caractéristiques similaires, puis mélangeait ses créations aux vrais afin de voir s’il parvenait à voir la différence ». A terme, « les génomes artificiels générés ont fini par reproduire fidèlement les caractéristiques des vrais génomes ».

Toutefois, « en raison des limites de calcul, ces modèles ne peuvent pas encore être exploités pour créer des génomes artificiels entiers », expliquent les auteurs[1]. Ils se disent également vigilants, car « des allèles très rares sont difficilement représentés par l’algorithme ». Enfin, « notre connaissance du fonctionnement génétique étant loin d’être complète, (…) l’analyse doit donc se poursuivre avant d’en conclure que cet ADN est véritablement de l’ADN humain artificiel ».

L’objectif serait de faciliter les recherches en génétique des populations : « Les bases de données génomiques existantes constituent une ressource inestimable pour la recherche biomédicale, mais elles ne sont pas accessibles au public ou sont protégées par des procédures d’application longues et épuisantes en raison de préoccupations éthiques valables ». Disposer de génomes artificiels « dans un cadre éthique », supprimerait un certain nombre de ces problématiques.

Sources : Sciences et Avenir, Camille Gaubert (12/02/2021) ; Numérama, Marcus Dupont-Besnard (10/02/2021)

[1] Ils évoquent en revanche le possibilité de « créer un génome complet en produisant séparément chaque partie, puis en les combinant ».

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